PP en Corée

PP en Corée

vendredi 21 décembre 2007

Templestay

Une petite photo du week-end que j'ai passé dans un temple avec 4 autres exchange student dont trois suisses germains (devinez lesquels sur la photo). J'ai du faire un gros effort de ponctualité :-)


Je trouve qu'on a tous des têtes de vainqueurs dans nos habits de moines novices. Je garde plutôt un bon souvenir de cette découverte du bouddhisme. Mis à part les 108 agenouillements à 4h du matin bien sûr. Mais on avait des moments "entretiens avec un moine anglophone" qui étaient vraiment intéressants. Notre interlocuteur était un ancien étudiant marxiste qui avait participer aux manifestations de 1987. A la fin de cette période de trouble il a décidé de devenir moine bouddhiste. Pourquoi pas finalement...?! J'avoue qu'il y a encore quelques zones de flou pour moi dans cette philosophie-religion. Je reste perplexe quant à la possibilité de s'auto-déclarer illuminé. Mais sinon on bénéficiait d'une équipe encadrante très féminine, aux petits soins qui nous donnaient des ricecakes en privé quant elles estimaient que le repas n'avait pas été suffisant. D'ailleurs notre moine référant m'a alluciné par la quantité de nourriture qu'il n'ingurgitait pas. Une cuillère de riz, deux trois légumes puis c'est fini. Il avait pourtant l'air en pleine santé...je suis sûre qu'il avait une réserve de kimchi sous son oreiller. On a aussi fabriquer des lanternes et fait de la calligraphie. Carlos était tout heureux de faire des travaux manuels, il était apparemment spécialiste dans son enfance. Puis on a eu droit aux cérémonies du thé, au balayage de la cour, au lever à 3h du matin, au repas en silence et compagnie. Pas faché d'être chrétienne quand même !

지리산에 갔어요

En voiture tout le monde ! Je vous emmène dans ma machine à remonter le temps…un mois en arrière. Pour vous ça ne fait aucune différence, vous n’avez qu’à imaginer que c’était le week-end dernier…
Bienvenue à Jirisan. N°2 au classement des Parcs Nationaux coréens. Une chaîne de montagne qu’il faut 4 jours pour traverser. Bon bien sûr nous avons pris une option plus pépère en ne s’enfonçant pas dans les tréfonds montagneux.
Pour le départ, comme d’habitude je ne me réveille pas. J’ai encore plus honte parce que c’est aux mêmes que je refais le coup : Michael, Vasek et JC. Mais cette fois-ci Delphine et Steffen se sont joints à nous (vous les avez déjà vu passer au festival du film de Pusan si vous suivez…). C'était au début du mois de novembre, quand les arbres brillaient de milles feux. Ce week-end a été l'occasion pour nous d'assister à un concert de tambour dans la nuit d'un temple bouddhiste

et de prendre le thé avec un moine vivant dans un ermitage reculé.


Il parlait anglais et était tout émoustillé de croiser des étrangers. Il a demandé à son collègue de nous préparer le thé vert de la région. Son compatriote était un érudit à barbe blanche qui parlait peu. Il nous a préparé sa décoction avec cérémonie et nous a tous passé à la trappe en dégainant son motorola flambant neuf au bout de 5 minutes. Mélange explosif ! Sinon on a pas mal marché, on a dormi par terre à la coréenne


et on a pas croisé d'ours malgré les panneaux de danger. Dommage...


Deux éléments de notre folle équipée ont déclaré forfait au milieu de la montée. Du coup ils ont passé une demi-heure à essayer de photographier un écureuil et ont passé le reste de leur temps à siroter leur thé bien au chaud avant de prendre des photos du temple adjacent. Il faut dire que ce temple c'était quelque chose. A la tombée de la nuit les tambours résonnent encore et on voit des ombres agiles venir fermer les portes coulissantes. Les pagodes remplis d'or prennent la teinte rougeâtre des lampions suspendus au plafond. Une ambiance quasi mystique à vous faire frisonner.




PS : les photos sont de Michael, admirez l'artiste. Et le titre signifie : je suis allée à Jirisan ;-)

Quand la France se ramène en Corée

Eh oui ! Depuis une semaine ça défile à Séoul. Premier arrivé : Jonathan. Bon je passe sur les détails des retrouvailles larmoyantes ;-) La deuxième dans la liste fut Souraya, une amie de l’école qui a fait son semestre à Hong Kong. Ca m’amuse beaucoup de balader tout ce petit monde dans ma capitale, de faire la star en parlant coréen, de leur montrer mes coins favoris, mes resto chéris, de répondre à leurs questions d’étrangers interpellés (quand j’y arrive, j’avoue que j’ignorais si l’essence était subventionnée ou pas mais qui s’en préoccupe vraiment ?!). Jonathan me sort quelques perles. Il peut me lancer à propos d’un bâtiment d’un palais « il est plus sympa que l’autre celui-là ». Il s’amuse du fait que tout le monde est rangé. Il me dit qu’ils ont tous l’air sympathiques et inoffensifs. Il faut dire que tous les coréens sont aux petits soins ; entre ceux qui viennent spontanément pour nous aider, les chauffeurs de bus qui font des détours pour nous déposer devant chez nous et ceux qui nous emmène en voiture pour ne pas qu’on perde de temps. On revient de deux jours à la montagne pour faire du ski et je dois dire que c’est passé comme une lettre à la poste. On ne savait pas où dormir, comment louer des skis et quel bus prendre pour rejoindre la station mais on a suivi le guide : il y avait toujours un coréen pour nous prendre sous son aile. Je crois qu’on a goûté notre moment le plus extraordinaire à la fin de notre longue après-midi de ski. On devait reprendre la navette pour rentrer dans la ville de notre minbak (chambre louée par l’habitant). Seulement quelle navette prendre ? On fait le tour du parking, on tombe sur pleins de bus de tourismes. On se rabat sur des bus verts qui ont l’air public. On monte dans le premier qui passe. Il nous emmène à l’endroit opposé de là où on voulait aller. Le chauffeur de bus arrivé à destination s’aperçoit bien qu’on a l’air perdu. Il nous baraguine en coréen, je comprends deux mots. Je lui tends notre clé d’hôtel. Il y a un numéro de téléphone dessus. Il appelle, demande à la personne au bout du fil où se situe cet hôtel. Il nous ramène plus bas et nous remet entre les mains du personnel de la station. Ils nous expliquent qu’à 18h il va se passer quelque chose et qu’il faut patienter en attendant. Alors ils nous ouvrent leur cahute chauffée pour qu’on n’attende pas dans le froid. Vient 18h et avec lui un bus. Les deux filles qui prennent soin de nous expliquent au chauffeur notre situation. Il bougonne. On monte. Il s’est avéré que notre hôtel n’était pas vraiment sur la route du bus. Le chauffeur a fini par déposer tout le monde et par nous laisser juste devant notre hôtel avant de repartir. Plutôt sympa. On a eu droit au comité d’accueil à l’arrivée, à trois coréens enthousiastes de nous voir arrivés à destination qui se sont empressés de ranger nos skis. De vrais assistés j’vous dis ! Je me suis quand même aperçue lors de cette petite virée que j’avais atteint un niveau de coréen suffisant pour comprendre et me faire comprendre. Quel plaisir de faire connaissance sur le télésiège et de s’entendre dire ‘Je t’aime’ par deux jeunes coréens qui ne connaissent que ce mot de français ! Plus habituée aux us et coutumes j’ai aussi moins peur de tester du nouveau, d’aller dans des endroits reculés sans avoir beaucoup d’information, de me lancer dans des entreprises foireuses. J’ai le cadre sécuritaire suffisant pour faire ça : je connais les menus des restaurants, le fonctionnement des lieux pour dormir, le système des bus et je peux me dépatouiller en coréen. C’est le début de la liberté en pays étranger ! Bon évidemment il y a toujours des aléas, le dernier en date étant une attente de plus d’une heure dans le froid glacial dans l’expectative d’un bus peut-être inexistant. Mais au moins quelqu’un avait eu la bonne idée d’apporter un canapé au milieu de cet arrêt de bus. On s’est donc pelé confortablement :-)
Ce soir l’aventure continue avec l’arrivée d’Amandine, j’ai hâte !

politique de divertissement

Le 19 décembre avait lieu l'élection présidentielle en Corée...mais bizarrement pas d'excitation ambiante, pas de débat sans fin, pas d'agitation citoyenne. C'est qu'en Corée, il faut le dire carrément, personne n’en a rien à faire de la politique. J'ai eu l'occasion d'interroger quelques-uns de mes amis avant l'élection. Ils savaient rarement pour qui ils allaient voter et n'avait à peu près aucune idée de la différence entre les partis. La campagne présidentielle c'est un peu une énorme farce. On peut voir les candidats en image de synthèse danser sur la dernière musique à la mode à la télévision, on voit des chars de défilé qui sont des tribunes pour haranguer les foules, on voit le candidat numéro 1 en k-way orange qui danse YMCA. Pourquoi pas…Il y avait en tout 12 candidats portant tous des numéros. En gros seuls les 3 premiers étaient vraiment des candidats sérieux. C’est le numéro 2 qui a fini par gagner, la fouine comme on l’appelait.


Là c’est à son tour de danser sur YMCA…No comment. Il faut savoir que les affiches elles-mêmes valaient le détour. Séoul était bariolée de banderoles. Ma préférée représentait un candidat dessiné sur son petit vélo. Je suppose que c’était le Noël Mamère coréen. Sinon j’aimais aussi beaucoup le candidat extraterrestre. E.T. pour la présidence :


Tous les coréens sont unanimes : l’élection présidentielle c’est important mais on s’en fout (citation texto d’un étudiant coréen). Du coup tous les candidats rivalisaient de ridicule pour attirer l’attention. A qui fera la meilleure blague, à qui aura la meilleure choré, à qui proposera le plus de divertissement autour de sa campagne. Le jour même de l’élection est férié pour permettre à tous d’aller voter. Résultat les gens ne se demandent pas pour qui ils vont voter mais où est-ce qu’ils pourront aller pour ce jour de vacances inespéré. Au moins pas besoin de se prendre la tête : un seul tour, le numéro 2 récoltant plus de 50% des suffrages et l’affaire est pliée. Sauf que malheureusement c’était le candidat soupçonné de fraude…histoire à suivre.

lundi 10 décembre 2007

Daily life

Ce matin j’ai le sourire aux lèvres. Et ce n’est pas l’examen d’économie coréenne qui me l’aurait enlevé. Il est passé comme une lettre à la poste. Tranquillou, sans pression, comme tous les examens ici. J’ai simplement eu un blocage sur ABS, j’avais aucune idée de ce que ça pouvait vouloir dire. Je me suis abstenue de parler d’Antiblockiersystem. J’avais comme l’impression de ne pas être sur la bonne piste…
En sortant j’avais presque la larme à l’œil. Le prof nous a invité à passer dans son bureau au mois de janvier pour réclamer une invitation au resto…quelque soit la note de notre examen bien sûr ! J’apprécie vraiment la décontraction des profs ici. Ils ne s’embarrassent pas d’une distance inutile. Ils débarquent avec des pulls en laines Bugs Bunny et font livrer des pizzas pour tout le monde en plein milieu du cours. Le mieux c’est quand ils vous accompagnent prendre un verre au bar du coin, ça en devient inquiétant. Ca reflète bien comme les relations intergénérationnelles sont beaucoup plus naturelles ici. De toute façon tout le monde se mêle de la vie de tout le monde qu’on soit grand-mère ou gamine.
Après le départ précipité du prof, c’était au tour de Monique l’Australienne de nous faire ses adieux. Ca me fait tout drôle quand les gens me disent au revoir. C’est comme si je ne voyais pas de quoi ils parlaient. C’est trop soudain. Mais les compatriotes tchèques ont séché mes larmes bien vite. J’ai attrapé un réel fou rire en les entendant parler entre eux. C’était irrésistible de les voir gesticuler, parler à toute berzingue en roulant les mots dans leur bouche. Quelle langue ! On a décidé avec Jacub (le tchèque n°2) de ne pas se laisser abattre. Lui et moi ne partons pas avant trois semaines. Alors pour se venger de tous ceux qui nous quittent on a planifié une fête pour samedi. Y’a pas de raison de se morfondre sur son sort !
En attendant j’ai l’impression de tout voir pour la dernière fois. Et je souris en jetant un regard ému sur les excentricités coréennes. Maintenant que je suis dans la perspective du départ tout est couvert d’un voile de nostalgie. Même ce qui m’énervait il y a encore une semaine m’enchanterait presque aujourd’hui. J’étais dans le métro pas plus tard que tout à l’heure et je dois dire que j’étais aux anges. Une adjuma (femme d’âge moyen) vendait des gants. Pas dans les couloirs, ce serait trop normal mais DANS la rame de métro. Elle brayait : cheon won, cheon won (1000 won). Et le pire c’est que son marketing agressif marchait du tonnerre, les gens lui achetaient des gants à tour de bras. Toujours ce vieux système B qui ne les choque pas. Il y a même une grand-mère qui lui a échangé sa vieille paire de gants contre des neufs. Un vrai marché aux puces où tous les coups sont permis. Loin d’être agacée par ce remue ménage, j’arborais un sourire indécrochable.
Ces coréens ont failli avoir ma peau mais au fond je crois que je les aime bien…

mardi 4 décembre 2007

Gelée royale

Non je ne suis pas morte, je ne me suis pas fait engloutir par une avalanche de kimchi et je n'ai pas (encore) décidé de quitter l'université. Quitter le navire une semaine avant les examens...plutôt tentant non ?! Voilà l'explication toute bête de mon absence : le (pseudo) boulot. Et je crois que c'est officiel le vent glacial a aussi gelé mon cerveau. Ralentissement dramatique. Je crois que la zone des réflexes matinaux a été gravement atteinte (vous savez, ce réflexe qui vous fait bondir de votre lit le matin...il est peut-être , chez moi, inhibé depuis ma naissance. Faudra que je creuse la question).
Depuis la dernière fois j'ai quand même eu le temps de passer un week-end dans un temple bouddhiste (réveil à 3h du mat, méditation en position du lotus et tutti quanti), de parler (beaucoup trop) français...ce qui explique en partie que je n'ai plus besoin de me défouler sur ce blog, de m'amuser devant les candidats à la présidentielle rivalisant de ridicule, et d'avoir un accident de voiture à Jeonju en allant rendre visite à des amis de mes parents. C'est un couple de coréen qui habitait Aix-en-Provence dans les années 80. Du coup j'ai revu des photos de France et notamment mon père plus barbu que jamais, vêtu d'un maillot de bain modèle vintage les pieds dans l'étang de Berre. Ca valait le détour !
Je vous raconterais tout ça plus en détails quand la tempête sera passée...si elle ne m'a pas emporté sur son passage. Portez-vous bien en attendant. Priez pour un micro-climat plus clément sur mon cerveau...

mardi 20 novembre 2007

Premières neiges

Pour contredire ceux qui se disent que je suis en vacances prolongées je vais vous racontez un peu de ma vie quotidienne : la fac, les déprimes, les sorties et compagnie. Partir a de bons côtés : abandonner toute responsabilité, avoir du temps pour lire, écrire, partir en voyage le week-end. Mais au bout d’un moment c’est le grand vide. Plus d’amis pour vous déranger, plus d’emploi du temps surchargé et l’éternité pour se plonger dans l’inactivité. Eh oui, j’ai atteint le point où je me décourage face à toute entreprise mineure : aller à la piscine, prendre le métro pour aller visiter une cathédrale. Un rien me fiche la flemme. Et ça m’inquiète. La vie tranquille du campus, mes 12 heures de cours par semaine ont fini par avoir raison de mon dynamisme. Damned il faut que je me reprenne en main.
Pour vous montrer un peu une semaine type voilà ma courbe de taquet. Pour les non initiés le taquet c’est le dynamisme, la bonne humeur, l’efficacité, la motivation, etc. Le summum du positivisme.


Mode d’emploi : chaque étoile rouge correspond à un évènement marquant. En suivant le récit qui suit vous saurez à quoi elles correspondent. Suivez la courbe en lisant.

Tout a commencé mercredi : examen de macroéconomie () après une très courte nuit. A vrai dire je n’en ai pas beaucoup de souvenir. Je suis partie me recoucher tout de suite après. Quant à la fin de l’après-midi j’en ai un souvenir brumeux de réveil d’une longue sieste. L’apothéose de la journée était sans aucun doute le dîner organisé par le ‘college of engineering’ (). Les profs, employés, étudiants en échange de la fac d’ingénierie et quelques ambassadeurs étaient réunis pour la soirée. Buffet grandiose et animations diverses et variées au programme. Je dois dire que la soirée était assez mythique. C’est un coréen à l’anglais incertain qui animait le dîner. Chaque table constituait une équipe. Ca commençait soft : il fallait répondre à un quiz. Chaque équipe écrivait la réponse sur un tableau veleda qu’il brandissait ensuite. Résultat les équipes copiaient les unes sur les autres, normal ! Seulement il y avait toujours une table trop honnête ou trop effrontée qui marquait une réponse différente. C’est alors que le présentateur leur lançait un « why did you write this answer, look at the others, don’t you feel the atmosphere ? ». Mythique j’vous avais dit. Mais c’était sans compter sur la suite. On a enchaîné par un karaoké géant (les coréens servent le karaoké à toutes les sauces, c’est un de leur truc préféré). Du coup un représentant d’Arabie Saoudite, la cinquantaine, s’est mis à faire un véritable show dansant, chantant à plein poumon pour défendre sa table. Puis sommet du « qu’est-ce que je fous là » on a fait le petit train sur base d’un jeu « pierre – feuille – ciseaux ». Alors on se baladait dans la salle à la queue leu leu. Evidemment les ambassadeurs étaient toujours là…C’est là que le bas blesse. Bon je vous épargne les remarques quasi racistes du présentateur genre « je vous ai vous sur CNN » lancé à un pakistanais barbu ayant un léger air de Ben Laden. On a frisé la crise politique quand il a rembarré un autre pakistanais qui se lançait dans un appel à l’aide concernant l’état d’urgence dans son pays. Puis la classique tombola réconciliatrice. Sur fond de « everybody is happy » scandé par le présentateur qui avait choisi de s’enterrer définitivement. J’ai fait mes comptes en sortant de cette soirée : un T-shirt gagné, un bon de 10,000 KRW pour aller au cinéma, et d’énormes fou rires. Pas mal ! En rentrant je faisais un détour par chez Guillaume, mon maître de Go. J'ai droit à des leçons hebdomadaires. Mais comme j'étais définitivement claquée et que je voyais que j'allais encore perdre, on a interrompu la partie et je suis allée me coucher plus tôt.
Jeudi était la journée du non lieu. Je me prépare à aller en cours. Je suis en retard comme tous les jeudis. Je croise Maxime dans le bus. On va se faire un café – gaufre pour accroître un peu notre retard. C’est indispensable pour bien commencer la journée. J’arrive en cours mais le prof n’y est pas. Cours annulé (). Soit, on va glander. Discussion, déjeuner, café. Puis je me dirige vers le Fanco café, là où j’ai normalement rendez-vous avec mon élève – je lui enseigne le français. Mais il ne vient pas. Je lui demande par texto s’il va venir. J’obtiens pour seul réponse : « f r o i d ». Au jour d’aujourd’hui je n’ai toujours pas réussi à comprendre. J’en suis encore perplexe. Bref, je lézarde au soleil en lisant la suite de mon roman du moment : les aventures d’un journaliste du NY Times qui a parcouru la Corée à pied du Sud au Nord (le Nord du Sud bien sûr). Je rentre, je repars. A 5h : group meeting (). C’est un véritable phénomène sociologique en Corée. C’est la croix et la bannière pour apporter un peu d’efficacité dans ces réunions. Pour vous donner un exemple, la semaine dernière on devait présenter la première partie d’une fausse négociation d’accord de libre échange entre l’Inde et la Corée. On était 5 en tout. Un a réussi à partir à Hong Kong, un autre à avoir un empêchement de dernière minute, une troisième à avoir une rage de dent l’empêchant de parler, et le dernier à ne s’être jamais pointé aux réunions avant le jour J…me laissant seule pour improviser une présentation d’un quart d’heure. Ce jeudi devait être consacré à la préparation de la deuxième partie de la négociation. Je m’étais promis de ne pas réitérer la douloureuse expérience du ‘seul contre tous’. Le tout est de prendre son mal en patience. Au lieu d’essayer de les bouger je les ai laissé se dépatouiller tous seuls. Ils ont simplement une manière différente de fonctionner : c’est important que tout le monde s’exprime, qu’un consensus commun soit trouvé. Du coup ça prend des heures. Heureusement que le canadien de retour d’Hong Kong nous a accéléré tout ça. Puis le soir je suis allée me réconforter avec les frenchies. On avait décidé de faire une cure de mal du pays. Au programme : steak saignant (). Mmmmmmmmmmmmmmmmmmmhhhhhhhhhhhhhhhhh ! Je m’en lèche encore les babines. On est allé dans un resto australien pour ça. Du coup on a même eu droit à la déco à base de boomerang, de peau de croco, de requin blanc gueule béante, de kangourous égarés et de quelques koalas en images.
Vendredi ravioli…si seulement ! Nan, vendredi grasse matinée. Puis ultime group meeting à 1h. Je serre les fesses à 2h30 : c’est l’heure de la présentation finale (). Et je me suis fait refiler le rôle du président de séance pour la fausse négociation. J’ai la veste de tailleur et tout le tralala. Ca va mieux quand c’est terminé. Alors que je prépare à écouter les autres groupes (= à sombrer dans un sommeil profond) Vasek me demande si j’ai des photos du Pérou. Alors je passe les deux heures restantes à parler du Burkina et du pays des Incas (). Je rêve de chaleur, de soleil. Malheureusement je dois remettre mon écharpe et mon manteau avant de sortir. Je finis la journée en apothéose avec une halte dans une boîte de jazz (). Au milieu du quartier des expatriés. C’est très bizarre de voir des coréens débridés jouer du jazz entourés de ricains fumant d’ostensibles cigares. On rentre sur le coup d’1h du mat. Plus de bus. Merde. Je rentre à pied dans le froid. En arrivant Jonathan m’attend sur skype (). Malgré la fatigue j’arrive à aligner deux mots. Et de deux mots en deux mots il est bientôt 6h30 du matin. Oui je sais, ça craint. J’écoute un peu de musique puis m’endors vers 7h.
Samedi…est raccourci. Lever pénible à 16h. A 19h j’ai rendez-vous avec une coréenne du club de cuisine pour une étude biblique décapante (). Ils ne sont que 3 dans le groupe mais n’ont pas la langue dans leur poche. Je savoure ces chrétiens originaux qui voudraient remplacer les corbeaux par des pélicans (longue histoire…). Puis on va dîner. Au menu du ‘odeng’ : des pâtés de poissons que vendent tous les stand de rue. On s’arrête au milieu d’un marché traditionnel dans le meilleur spot du coin : le poisson est rapatrié de Pusan tous les matins, qualité garantie. C’est effectivement bien bon. Je prouve à mes compatriotes que je peux parler 2 mots de coréen puis c’est l’heure de rentrer.
Dimanche grosse flemme. J’abandonne mon idée d’aller à la messe en anglais de l’église catho de Myeongdong (quartier de Séoul). Je reste dormir. Le reste de la journée est consacré aux retraites (). Eh oui, même à l’étranger les problèmes français me rattrapent. C’est le thème de l’exposé que j’ai à préparer pour le cours d’économie coréenne. Etude du cas de la Corée puis comparaison avec la France. Je m’endors à moitié sur les régimes spéciaux puis rejoins Angela vers 8h pour un « crazy burger ». C’est une chaîne de restaurant qui ont des hamburgers faits main et des frites avec des vraies pommes de terre (). Parce que je tiens à signaler que je suis définitivement allergique à la bouffe coréenne. Marre du kimchi, ras le bol des soupes fadasses ! Vers 11h, de retour au bercail, group meeting sur msn. On n’arrête pas le progrès ! Au moins c’est vite emballé et pesé.
Lundi je m’extirpe du lit à 9h pour un cours qui commence…à 9h (). Dur, dur. J’arrive alors que le prof a à peine entamé le vif du sujet. Ca c’est le cours de macroéconomie. Il lui faut toujours un quart d’heure pour résumer ce qu’on a fait la dernière fois. A la sortie du cours je vais me recoucher parce qu’il faut pas abuser. Réveil en sursaut à 1h pour un cours qui commence à…1h (). Argh, c’est pas ma journée. Puis la spirale de la loose continue. Je réalise soudainement que je ne fais plus rien de mon temps, que je n’ai plus envie de sortir, qu’il fait froid. Bref, la déprime pointe son nez. Je m'enfuis au cinéma pour un film Irlandais. Mauvais choix je ne comprends qu'un mot sur deux avec leur accent du feu de Dieu. Mais heureusement la majeure partie du film se déroule en musique puisque le personnage principal est chanteur de rue. Encore une ode à l'amour manqué. Je resombre. Je pleure. Je rentre. Coût de fil hebdomadaire avec ma sœur Amandine sur les coups de 19h (). Elle aussi déprime, c’est pas la joie. En raccrochant je tente le coup du côté de Jonathan qui est redevenu joyeux depuis quelque temps. Mouaif. Je m’endors avec mon mal de vivre. Il neige.
Alors aujourd’hui j’ai décidé de me réveiller du bon pied. Et quand j’aperçois Vasek tout va mieux. Faut dire qu’un sourire d’ogre () ça a de quoi vous redonner la joie de vivre. Alors voilà, je recommence à positiver, j’essaie en tout cas. Il ne me reste plus qu’un mois en Corée alors faut que je profite.

jeudi 15 novembre 2007

Collection automne-hiver


Photo : Michael Schwartz

Que la montagne est belle !

Il est temps de vous racontez mes aventures récentes. Ces deux derniers week-ends ont été pour moi l’occasion d’aller m’aérer à la montagne. Ma première expérience a été « Seoraksan », le parc national le plus réputé de la Corée. J’y suis allée avec mon groupe d’étude biblique, le couple de missionnaires s’en occupant ayant un magnifique appartement au cœur de Seoraksan. Je suis donc partie en voiture le vendredi 2 novembre, de nuit. Il y avait en tout 4 voitures alors on communiquait par talkie-walkie. Mais pour tenir le conducteur éveillé on n’a pas tardé à se lancer dans une compétition de karaoké. Chaque voiture désignait un représentant pour chanter une chanson dans le talkie-walkie. Evidemment les talents étrangers étaient fortement sollicités. On a eu droit à une chanson populaire philippine, à une berceuse russe, à de la pop chinoise et je crois qu’ils ont apprécié ma version des « Champs -Elysées ». Arrivée vers 1h du matin. On transforme le salon de l’appartement en dortoir pour filles. 4 futons et 8 personnes en rang d’oignons. Réveil sur le coup de 5h30.


On part pêcher le saumon. Ou plus exactement on va regarder un pêcheur de saumon. On croise des soldats par dizaine sur la route. Parait qu’on est prêt de la frontière Nord-Coréenne…Le pêcheur en question est un peu le maître des lieux. Barbu, la cinquantaine, il connaît ces montagnes comme sa poche et connaît peut-être encore mieux la migration des saumons dans le bras de rivière qui est sous nos yeux. Je dois dire que je n’ai jamais vu quelqu’un pêcher comme ça…Pas d’appât, simplement l’hameçon et au bout de la ligne un poids en acier. Le pêcheur lance sa canne puis la déplace dans l’eau par des mouvements vifs. Il attrape ainsi tout ce qui est vivant sur le passage. « Robber fishing » comme ils disent. N’empêche qu’il pète sa ligne et qu’on a plus qu’à aller quémander des saumons chez les voisins…On s’en revient avec 3 gros poissons, pas récoltés de façon très glorieuse mais c’est vite oublié.


On se fait le petit déj’ du siècle : croissants, muffins, fruits, saumon tout frais à la poêle, etc. Puis on part se promener, avec un peu de retard, inertie de groupe oblige. Quand je dis « se promener » c’est à la coréenne : avec des arrêts toutes les deux minutes pour prendre des photos de groupe. Je m’énerve un peu intérieurement en gardant un beau sourire pour les photos. De toute façon j’ai décidé de rester un jour de plus pour faire de la vraie randonnée donc je peux bien faire une promenade de santé pour aujourd’hui.


On prend le déjeuner après ces dures heures d’exercice. Je goûte une boisson faite à partir de raisins sauvages de la montagne. Ca a un petit goût de vin, un petit goût de France. Puis l’après-midi c’est beach-volley puisque Seoraksan c’est aussi la mer. Bonne partie de rigolade, tout le monde se lâche, choisit un cri d’équipe ridicule, nickel ! Bientôt c’est l’heure pour l’équipe de repartir. Moi j’ai choisis de marcher un peu dans la montagne le dimanche. Pastor Simon est un peu inquiet en me laissant à l’auberge de jeunesse. Surtout que je lui ai dit que je préférais dormir avec quelqu’un d’autre si c’était moins cher. Je vous rassure finalement j’ai finalement pris l’option « dortoir » mais personne d’autre n’est venu, j’avais simplement une immense chambre pour moi toute seule. Je sors manger un morceau. Dans la mini-ville jouxtant l’auberge on a allumé des brasiers pour faire griller des sardines. Je me régale. Je me couche tôt, prête pour une grosse journée le lendemain. Ce sera ma première expérience de voyage en solitaire. J’ai hâte de voir ce que ça donne. Je quitte l’auberge de jeunesse tôt le matin. Le pêcheur maître des lieux m’a conseillé une rando à Ulsanbawi, un pic rocheux qui nargue la montagne verdoyante…enfin plutôt rougeoyante en cette saison. La marche est sympathique. Je croise plusieurs temples, m’y arrête quelques minutes.


L’ascension du pic en elle-même n’est qu’un immense bouchon humain au milieu d’un escalier en colimaçon à même la roche. Vertigineux ! Au sommet je m’accorde un p’tite sieste. Un groupe de coréen a pitié de ma solitude et me fourni en clémentines. Chouette ! Je suis réveillée par un autre groupe de marcheurs, beaucoup plus bruyant. Ils ne tardent pas à se faire pardonner en m’offrant kaki et re-clémentine. Je suis aux anges et prête à redescendre. Je m’enfile une brochette d’1m50 de long pour me requinquer. Une coréenne me fait un clin d’œil en voyant mon habileté devant ce monstre de viande. Je repars, d’attaque, vers le téléphérique. En haut il faut encore escalader un rocher puis j’ai une vue assez féerique du littoral, des immeubles agglutinés, des montagnes environnantes et des coréens qui se font photographier au sommet. En redescendant j’aperçois une pancarte « Nesquick » (Nesseukouickeu en coréen). J’en crois pas mes yeux, je vais vérifier par moi-même qu’il y a bien du chocolat chaud. J’atterris dans un véritable mausolée à l’alpinisme. Un café sombre, tout en bois avec un poêle au centre. Aux murs sont accrochés de multiples drapeaux : « Sommet x, 1967, club d’alpinisme du coin ». Il y là une armoire entière pleine des carnets de voyages du propriétaire. Dommage ils sont en coréen. Je reste une petite heure à rêver ici. J’ai droit à une double dose de Nesseukouickeu. Puis il est l’heure de rentrer, de prendre le bus pour Séoul. Alors soit retour à la vie « normale ». Finalement c’est sympa de voyager tout seul, on peut se reposer, repartir, s’arrêter quand on veut. Bon faut juste tenir un carnet de route pour ne pas trop avoir l’impression d’être seule à tout jamais !
PS : photos disponibles sur mon album

lundi 12 novembre 2007

Reportage photo

J'ai enfin fait développer mes photos. Vous pouvez aller les voir à cette adresse :
http://picasaweb.google.com/QuiEstCharlie
La qualité n'est pas top mais vous pourrez consulter la version papier à mon retour !

jeudi 8 novembre 2007

DMZ, zone de détente mielleuse ?

Vous n’en croiriez pas vos yeux, la fameuse DMZ, la zone démilitarisée, frontière historique d’avec la Corée du Nord est devenue une réserve naturelle. Une cinquantaine d’année sans exploitation humaine a suffit à la nature pour reprendre ses droits. Et au milieu des oiseaux, de la végétation luxuriante vous pouvez même voir des bus bleus arpenter ce parc. Des foules de touristes accompagnés par des GIs qui se la jouent humoristes. Bon bien sûr il y a quelques règles : pas de mini jupe (ça risquerait de perturber tous ces soldats), pas de photos, pas de doigt pointé. Mais en dehors de ça on peut mettre le pied en Corée du Nord, et y discuter bruyamment en observant les soldats immobiles. Et à deux pas de là il y a un petit village où les fermiers sont devenus richissimes grâce à l’absence de taxation dans la zone. Ils bénéficient du sol le moins pollué de la Corée, sans doute le plus rentable. Pourquoi pas aller s’installer là-bas finalement ? Je ne sais pas si c’est le couvre feu à la tombée de la nuit, les soldats qui garderaient mon champ 24h/24 ou l’interdiction de me marier en dehors de ce patelin qui m’a retenue…Le pire je crois serait de voir mes homologues masculins partir chercher l’âme sœur ailleurs. Parce que, oui, dans ce petit village si mesdames ne sont pas autorisées à aller voir ailleurs, messieurs sont libres de parcourir le monde pour trouver chaussure à leur pied. Passons sur l’injustice…Pour compléter ce tableau de village gaulois installé dans un paradis verdoyant, tous les visiteurs ont droit à la projection d’un film : petite fille la larme à l’œil, musique dramatique et finalement un papillon par-dessus les barbelés qui traverse la frontière. C’est beau ! Le tout sur fond de « la réunification est imminente, la DMZ est le symbole de la paix retrouvée ». Et pour mettre en lumière la nouvelle coopération entre les deux nations on vous montre le nouveau complexe industriel installé tout prêt du « pont de non retour ». Vous savez, là où les coréens ont eu le choix à la fin de la guerre de passer au Sud ou au Nord. Un aller sans retour. Alors voilà, au milieu de ces soldats qui se tournent les pouces 23h/24, observant aux jumelles les montagnes du Nord j’étais à deux doigts de me demander si toute la tension entre le Nord et le Sud s’était finalement apaisée, si la réunification n’était pas pour la semaine prochaine et que personne ne m’avait pas prévenu. Heureusement dans mon groupe un coréen en cours de francophonisation m’a ramené à la réalité. C’est vrai à y regarder de plus près il y avait des barbelés, des pancartes annonçant des champs de mines et un soldat Nord coréen qui m’observait du bout de ses jumelles derrière cette vitre en verre fumé. Mais c’est alors qu’il m’a dit que pendant qu’on gambadait gaiement sur la ligne marquant la frontière des dizaines de soldats étaient planqués dans les buissons ; au cas où un incident surviendrait. Et quant à la réunification, tu peux te brosser Martine, c’est loin d’être à l’ordre du jour. La première chose qu’on apprend au service militaire est une liste des arguments qui justifient cette affirmation : l’ennemi numéro 1 est la Corée du Nord. Prière d’apprendre par cœur. Et en faisant un peu plus attention on peut remarquer que la végétation luxuriante s’arrête nette là où la Corée du Nord commence. La forêt laisse la place à un espace dévasté : plus un seul arbre. Ils ont tous été abattus pour des besoins énergétiques. Et la version nordiste de notre village misogyne de tout à l’heure est vide depuis 2004. Seul subsiste un drapeau lourd de plusieurs centaines de kilos. Faut impressionner l’adversaire ! Bien sûr le poteau qui le soutient est plus haut, de quelques 50m que celui qui lui fait face côté Sud. Autant d’indices qui vous font finalement vous sentir un peu mal à l’aise dans cette zone faussement tranquille, entre propagande et violence non dite, entre soldats qui s’insultent en play-back - interdiction de parler oblige. Et les tunnels qui jalonnent la frontière, autant de tentatives d’infiltration nord-coréenne vous font froid dans le dos, sans compter les cas de kamikazes, de soldats nord-coréens impulsifs et menaçants. Finalement on se dit que les soldats sud-coréens ont raison de se cacher à moitié derrière leurs baraquements, histoire de préserver la moitié de leur corps en cas d’attaque surprise. Mais quand même, quand on voit ces pantins immobiles durant des heures entières, scrutant un je ne sais quoi invisible, on se demande pourquoi des gens choisissent de s’enrôler dans l’armée. Chapeau les mecs !

mercredi 31 octobre 2007

Cuisine et Dépendances


Juste une p'tite photo de mes exploits au club de cuisine de la SNU. Au menu nous avions à préparer des "tchap chè" : nouilles à la patate douce accompagnées de légumes et viande de boeuf émincée. Le tout arrosé abondamment de sauce soja bien sûr ! Là vous me voyez à mon moment préféré : le méga touillage. Une sensation de gluant extraordinaire. Ca m'a rappelé quand je prépare la pâte à tarte avec ma môman ;-)

Croyances

Ma vie du moment est – de façon assez inquiétante d’ailleurs – occupée par le sommeil. Je suis rentrée en hibernation après mes examens (qui se sont plutôt bien passé d’ailleurs, merci de demander). Entre deux siestes j’essaie de continuer à saisir l’essence de la Corée. J’ai deux petites histoires sur les croyances coréennes pour vous :

Groupe sanguin
Attention, pour connaître votre caractère en Corée on vous fera une prise de sang. D’après je ne sais qui d’ailleurs, il ressort des traits de personnalité communs des différents groupes sanguins. Lors de mon premier cours de cuisine coréenne, les adjuma (titre des femmes mariées, ou supposées l’être, en coréen) qui m’entouraient m’ont raconté l’histoire de cette détermination sanguine à travers une anecdote.
Il y a 4 personnes autour d’une table. Chaque individu a un groupe sanguin différent : A, B, AB, O. Au bout d’un moment, sans raison, l’individu du groupe AB s’en va en courant et claque la porte. Sans se poser plus de question, l’individu de groupe O le suit pour savoir de quoi il retourne. Reste à table A et B. A s’interroge pour savoir s’il a fait quelque chose de mal qui a poussé AB à partir. B quant à lui n’a rien remarqué à ce manège.
Ainsi ceux de groupe sanguin A sont dit introvertis, peu sûrs d’eux-mêmes ; ceux de groupe B ont mauvais caractère, surtout les hommes apparemment ; ceux de groupe O sont les plus à l’aise, s’auto complimentent, sont très sociables ; ceux du groupe AB sont les plus instables, des Dr Jekyll et Mr Hyde, c’est parmi eux qu’on trouve les génies. Les coréens doivent avoir une piètre opinion d’eux-mêmes pour croire à un truc pareil puisque la majorité de la population asiatique est B…Perso, j’étais bien contente d’être O+ :-) (non cette histoire n’est pas de l’auto complimentation)

Le quatrième étage
Vous êtes dans un ascenseur, en Corée. Vous montez au 1ere étage et vous voulez vous rendre disons au 6ème. Vous écoutez attentivement les annonces : 2ème étage,…….3ème étage,……… F étage. Hein ? Eh oui, en Corée il n’y a pas de 4ème étage. Ca porte malheur. Le chiffre 4 en coréen se dit « sa » dont la sonorité est proche du mot « mort ». C’est pourquoi – spécialement dans les hôpitaux – il n’y a jamais de chambre n°4. C’est un peu l’équivalent de notre 13 occidental. C’est à ce moment là que je me suis demandée ce que ça voulait dire d’être née le 13/04.

lundi 22 octobre 2007

Les photos de L'ogre

Suivez ce lien pour découvrir le résultat quand on mélange un ogre, un tchèque, Jeju et la photographie : http://vasahav.rajce.idnes.cz/Vylet_na_Jeju-do_19.-21.10.2007/

Jeju mon amour

L’histoire commence un vendredi matin. A Jeju-do, destination des lunes de miel coréennes, île dite « sub-tropicale » (on repassera pour le tropical). Un morceau de Terre dominé par Hallasan, pas le roi de l’île mais le pic le plus haut de notre Corée. Sur cet îlot 5 voyageurs en quête de sensationnel. Il y a d’abord Photoman plus connu sous le nom de Tyran du sommeil. Il nous a tiré du lit à 4h du matin pour prendre l’avion le bougre. Et en plus je n’étais pas au bout de mes peines puisqu’il a fallu se faire un lever de soleil. Vient en second L’ogre tchèque. Sa philosophie : 500g de pâtes par repas quand il s’entraîne en République Tchèque, il faut dire que monsieur a grillé sur le poteau Jan Svorada en VTT l’année dernière. Bref, L’ogre tchèque c’est du lourd, avec lui pas besoin de se demander qui finira les réserves…Nous avons ensuite Le faux blasé. Blagueur comme pas deux mais cynique à la française. Un désabusé en cours de traitement doublé d’un barbu inquiétant (le seul à s’être fait contrôlé à l’aéroport). Puis suit UnRéveilParHeure, l’homme qui fait une sortie toute les heures émergeant de sa maladie, de son sommeil ou de ses rêveries. Mais toujours une remarque lumineuse, drôle et pleine de vie ! Le seul de tous nos francophones à passer en mode anglais aux moments les plus inattendus, histoire de pratiquer. Et enfin il y a moi, la touche féminine de l’expédition…
Vous voilà familiariser avec cette fine équipe. L’aventure a donc commencé pour moi par un non réveil à 4h du matin le jour du départ…Quand je découvre le pot aux roses je saute dans mes chaussures en 2 minutes puis déboule dans la rue armée de mon sac de randonneuse tentant désespérément de rattraper l’irrattrapable. Le tyran du sommeil ne me fait même pas les gros yeux quand je les rejoins finalement. Décollage, atterrissage et nous voilà à Jeju-do paradis sur Terre – au moins d’après les brochures touristiques.
On entame dans le vif du sujet : Le Hallasan. A me retrouver avec ces quatre costauds bien décidé à faire du sport j’étais légèrement inquiète mais finalement mon entraînement rando de cet été a raison de mes appréhensions. Pour rejoindre le début du parcours un coréen généreux nous prend à l’arrière de son pick-up, la preuve en image que le stop en Corée ça marche aussi. Puis l’ascension en tant que telle ce sont des pelouses de bambous de 2cm de hauteur, des gamins par milliers en sortie scolaire et du vent à qui mieux mieux. Et quel vent ! A décorner les bœufs et à nous givrer les cils par la même occasion. Pendant qu’on s’enfile des ramyeon (nouilles lyophilisées) en vitesse au sommet UnRéveilParHeure trace sa route sans nous remarquer. On le retrouve en bas de la montagne, tout surpris de ne nous avoir pas croisé avant. En attendant on se les pèle sévère. Et le bus n’est pas prêt d’arriver. Mais est-ce qu’il y a un bus seulement ? Dans une tentative ultime de se réchauffer on fait un maul géant puis on s’attaque à toutes nos réserves. On est frigorifié donc plus question de faire les fines bouches. Tout y passe : chips, thon en boîte, pain de mie, ramyeon non hydratées. Faudra qu’on pense à porter plainte pour publicité mensongère. Elle est passée où l’île tropicale ? L’arrivée du bus nous délivre. Je sens revivre mes doigts. Pour la soirée on fait un tour par des chutes d’eau illuminées dans la nuit. Sympathique ma foi. Puis dodo plus que mérité.
Samedi 7h30 c’est Le tyran du sommeil, debout depuis deux bonnes heures déjà, qui me rappelle son existence. Grumpf ! Il était parti avec L’ogre faire des photos du lever du soleil. Des fous je vous dis ! A pieds joints dans mes chaussettes, petit dej’ sur le pouce et on s’envole vers « Big Blue 33 ». Un centre de plongée tenu par un expatrié allemand en Corée depuis 13ans. C’est un homme qui a l’œil : il nous fixe tous, nous jauge, nous examine dans les moindre détails puis nous sort combinaisons, chaussures et masques à notre taille. Il a du métier. La suite de la journée n’est que bronzette sur un caillou à 10minutes de la côte. On se met en cercle pour écouter notre mentor de pongée sous-marine qui nous en apprend les rudiments. Il y a les signes pour se faire comprendre sous l’eau, le comment respirer, le nom de tous les gadgets qui composent le gilet du plongeur. Puis pour équilibrer la pression dans nos oreilles il faudra les faire « poper » (du son « pop ») tous les 2m en s’enfonçant sous la surface de l’eau. Les deux premiers se jettent à l’eau (au sens propre comme au figuré) puis c’est mon tour avec Le cynique qui me fait part de tout ce qui pourrait nous arriver, il veut mesurer les risques avant de se lancer et y met une imagination débordante. Merci ! Me voilà équipée en robocop des mers m’accrochant à la ligne qui me mènera dans les fonds marins. Mais mes oreilles ne « popent » pas, panique. Tant pis, on continue, on réessaie, bon ça a l’air d’aller. J’ai fini par profiter des coraux violacés, des bancs de poissons vous prenant par derrière, des étoiles de mer, oursins, organismes multicolores et j’en passe. Tout du long je me suis quand même demandé si mes tympans ne seraient pas endommagés à tout jamais, au moins je connaissais déjà la langue des signes…je vous rassure finalement rien de grave, de retour sur la terre ferme j’ai mis 1h à récupérer mes oreilles. Une heure d’incompréhension avec notre Faux blasé qui avait aussi une oreille bouchée. Un dialogue de sourd permanent. Ces 20 minutes sous les mers m’ont paru durer une éternité, comme si la base de temps avait été modifiée. C’est quand même autre chose que les vidéos de Nicolas Hulot quand on y est vraiment. Pour récupérer de mes émotions, pique-nique rapide puis sieste sur les rochers tiédis par le soleil. Un coup de soleil à la clé (au milieu du mois d’octobre, la classe !) puis retour vers la côte et départ pour la prochaine destination : Seongsan.
La ville en elle-même est inquiétante d’inactivité. Des combinis 24/24 où il faut réveiller les propriétaires, des rues désertes à en mourir et des restaurants qui vous mettent à la porte à 21h. Puisque c’est comme ça on va se coucher, l’intérêt de cette ville fantôme étant de toute façon le « sunrise peak » qu’on gravira demain matin. On jette un coup d’œil à la lamentable défaite française contre l’Argentine avant de fermer l’œil.
5h30 lever, sans même l’aide de notre Tyran devenu trop prévisible. Le « sunrise peak » est un morceau de terre cylindrique sorti tout droit de la mer, le cratère d’un volcan éteint s’élevant à une centaine de mètres de hauteur. Pour moi c’est le lieu du plus pur lever du soleil que j’ai jamais vu, enfin une vraie récompense après un réveil matinal. On profite de la vue, des lapins qui gambadent, de la lumière qui s’étend progressivement sur Seongsan. L’ogre tente un suicide pour l’amour de la photo, échoue, puis on redescend.
L’étape suivante est Udo, une île adjacente à Jeju, à peine quelques 17km de périmètre. On y loue 3 scooters et un tandem. On s’offre un flash back dans les années 70 avec nos casques roses et oranges et nos bolides vintages. Bientôt nous voilà partis à la découverte des plages de sable blanc, des plongeuses qui pêchent sans oxygène et du littoral de pierre noire. Après une hésitation tandem je tombe définitivement amoureuse de mon scooter. On flâne, on s’arrête, on trempe nos pieds dans l’eau translucide, on rêve, on rit. Puis c’est bientôt l’heure du ferry, l’heure du taxi et finalement l’heure de l’avion.
Au final un souvenir de fraîcheur, d’été indien, de vent, de petits poissons, de jeux de mots, de franche rigolade et de personnalités bien trempées. A quand la prochaine ?

mercredi 17 octobre 2007

Fighting !

Depuis le premier jour du semestre j’avais constaté qu’il y avait toujours des tonnes de gens dans les salles de travail de la bibliothèque. Mais qu’est-ce qu’ils trafiquaient là le premier jour du semestre ? Je me suis bien vite aperçu qu’en fait ils n’y travaillent pas vraiment. Y’en a toujours un qui écrit un texto, l’autre qui joue sur son ordinateur portable, un troisième a sorti un roman de derrière les fagots. L’inefficacité maximum ! Un coréen suédois a fini par illuminer ce mystère. En fait c’est pour être « bien vu » que les coréens passent des heures à faire semblant de travailler. Ca peut même aller jusqu’à ne pas pouvoir considérer quelqu’un comme ami parce qu’il ne travaille pas (ou qu’il ne fait pas assez semblant de travailler). Je ne sais pas si c’est un phénomène généralisé dans tout la Corée mais c’est en tout cas la loi de la SNU. Et moi aussi j’ai fini par tomber dans le panneau…
Hé oui ! Aussi surprenant que ça puisse paraître il a bien fallu que je m’y mette moi aussi à travailler. Pas dès le premier jour bien entendu mais deux devoirs à rendre et des examens de mi-semestre ont suffit à tirer ma sonnette d’alarme. Alors je commence à plancher sur ce DM à rendre pour mercredi. On est lundi…c’est pas glorieux ça fait deux semaines qu’il nous l’a donné. Premier problème, deuxième problème, troisième problème. Zut je suis bloquée. Et là j’ai une grosse prise de conscience : à qui est-ce que je demande de l’aide ? C’est un cours où je suis la seule non-coréenne donc pas de solidarité étrangère qui tienne. J’ai bien le numéro d’un gars mais je l’ai jamais appelé…Tant pis, je suis plus à ça prêt je lui envoie un texto d’appel au secours. Ce sauveur espéré c’est Kiho, un cancre pseudo-caïde qui se fait aimé des foules. Il m’a pris sous son aile le premier jour et depuis me donne des coups de coudes quand je m’endors en cours. Il a servi dans l’armée américaine et en a gardé un anglais époustouflant (les coréens mâles doivent faire deux ans de service militaire après le lycée).
Je m’endors, je me réveille. On est mardi et bientôt mardi soir et j’ai toujours pas de nouvelles de Kiho. Le coup du « je te contacte jamais sauf pour les devoirs à rendre » a du jeter un froid…Il doit me prendre pour une fille mal organisée de m’y prendre deux jours avant la deadline…Mais finalement à 22h30 : « je suis à la bibli avec mes potes, on planche sur le homework pour demain, rejoins-nous si tu veux ». Et moi qui culpabilisais de ne pas m’y être pris à l’avance !
C’est ainsi que j’ai fait la connaissance de la bibliothèque, à 11h 30 un mardi soir, pas dégorgée pour un sou. Ils me font une petite place, on s’échange les résultats et c’est parti pour une folle soirée de boulot. Eux ils ont l’air de trouver ça normal, j’en viens à me demander s’ils campent dans la bibliothèque toutes les nuits. Alors que je me lance dans la suite et j’espère bientôt fin de mon DM. Kiho me lance un petit « Fighting ! » : l’exclamation coréenne pour se donner du courage, je me crois en plein drama. Sur le coup d’une heure du matin ils m’emmènent à l’extérieur. Ils ont commandé du porc grillé version KFC. Des petits bouts de viandes enrobés de croustillant à tremper dans une sauce aigre-douce gluante piquante à souhait. Et on est là, tous les 5 à grelotter dans le froid, dégustant dans le pot commun. Moi j’ai le nez qui coule à cause du porc trop épicé. On arrose abondamment tout ça de coca. Puis quand il n’y a plus de viande on va acheter des chips pour finir la sauce (attention ici même les chips se mangent avec des baguettes !). Je crois qu’on atteint un sommet dans la catégorie « je suis loin de ma mère, mangeons non équilibré ! ». Je leur raconte que j’ai un examen le lendemain matin. J’ai droit à un autre « Fighting ! ». Puis on rentre pour finir.
Je bâcle la fin et jette l’éponge à 2h30. Ils ont l’air surpris de ma défaite si « rapide ». Je pense à mon examen de macroéconomie qui m’attend. Pour me donner du baume au cœur je m’endors en m’adressant un « Fighting ! ».

dimanche 14 octobre 2007

sur les traces de Clément Larcher...spéciale dédicace !

Aussi tôt dit, aussi tôt fait (ou presque).


(message pseudo perso à Clément) Voilà enfin la preuve en image que tu étais bien à Séoul en 2002. Par contre je ne sais pas ce qu'avait ta main mais c'était la seule à être mouillée... D'ailleurs je l'ai bien mérité cette main parce que qu'est-ce qu'il était loin ton parc ! Plus d'une heure de métro ! Heureusement que le lac artificiel était sympa !

(message public d'explication) Pour ceux qui ne sont pas au courant de l'histoire, Clément dont le père travaille à Unicef (c'est ça ?) est venu à Séoul il y a 5 ans pour un festival des enfants (c'est ce que j'ai compris) et ils ont construits ce magnifique globe à cette occasion (voir photo ci-dessous) dans un parc à l'extrémité de Séoul. Les "enfants" de toute nationalité, pour marquer le coup, ont fait l'empreinte de leur main dans le béton au pied de la statue. C'est ainsi qu'à tout jamais Séoul saura que "Clément Larcher, France" est passé par là...


PS : (re à Clément) hey ! si je l'ai lu ton mail, j'attends un moment d'accalmie pour te répondre pleinement, entre les examens de mid-term et les voyages je suis un peu débordée...

mercredi 10 octobre 2007

PIFF, paf, pouf


PIFF est l’abréviation de « Pusan International Film Festival ». Ou la croisette en Asie, avec la plage et tout et tout. Bon j’avoue que je n’ai pas vu beaucoup de célébrités et pas l’ombre d’un tapis rouge mais c’est tout comme. J’ai entraperçu un groupe de groopies hurlantes alors je suppose que quelqu’un de connu devait se cacher derrière.
Le programme du week-end a donc été presque 100% cinéma (qu’est-ce que ça me manquait) même si en aparté on s’est baladé sur la plage ensoleillée, on a trouvé des vrais pains au chocolat – y’avait même de la fougasse !- et on a fait un saut au « raw fish center » : un grand hall plein de bassines contenant des espèces aquatiques en tout genre allant du poulpe tentaculé au gros ver indéterminé. On a opté pour des poissons à l’allure normale, parait que les poulpes étaient trop cher…too bad :-) Une fois le choix fait on monte à l’étage déguster feu les petits frétillants !
Côté cinoche j’ai commencé par un film en plein air, grand écran sur fond de gratte-ciels illuminés, j’ai vu pire comme salle de ciné ! Un film japonais – un peu niais d’après Vincent – disons une tranquille double histoire d’amour, poétique et transportant. Après une tentative avortée de m’incruster à la « Midnight Passion » (trois films en une nuit) et une soirée arrosée, le réveil sonne à 5h du mat. Rappelez-moi pourquoi je me suis proposée pour aller faire la queue pour les billets ? Surtout que mon compatriote de file d’attente n’a pas bien supporté le soju et bien vite disparaît purement et simplement je ne sais où. Heureusement je tombe sur Vincent qui revient du PC bang. Il a dormi là-bas pour suivre le match France-Nouvelle Zélande. Sauf qu’il ne pouvait pas voir l’image par Internet donc il s’est contenté d’updater le score toutes les 20 minutes en fermant les yeux dans l’intervalle…la loose. Bientôt on est rejoint par Steffen le teuton et Delphine blondinette pour animer nos longues heures d’attente. A 8h30 on voit enfin la couleur de nos tickets d’entrée au cinéma. C’est parti pour une journée toile. Notre premier choix n’était pas le plus judicieux. Un film islandais à 9h du mat alors que nous tentions encore d’émerger. Des paysages immobiles, des humains aigris, des têtes d’agneaux à manger, une enquête policière à vous glacer le sang. Vincent succombe. Delphine balise. Moi je grelotte dans mon siège. Pour nous réchauffer un peu quoi de mieux qu’un film coréen. Kim Ki-Duk a relevé le défi de nous sortir de la torpeur. Un film sur la rancune d’une femme à l’égard de son mari qui la trompe et qui décide d’illuminer les derniers jours d’un prisonnier suicidaire. Bon ok ça a pas l’air d’être LE film joyeux par excellence mais je vous promets que comparé à l’Islande c’était les tropiques ! Et quel fou rire quand elle se met à chanter le printemps en dansant, habillée de lunettes mouches dans une cellule de prison ! En sortant un peu de shopping parce que quand même c’était trop tentant. Pour information, un rabais en coréen se dit « caca » alors j’ai passé deux heures à demander des « caca » à tour de bras, assez risible. Mais ça marche ! Généralement les vendeuses étaient tellement surprises que je connaisse le mot qu’elle me faisait un prix juste pour la récompense. Une fois que mon porte-monnaie avait rendu l’âme on s'est retrouvé pour le dernier film : White Night…tiens ça me rappelle quelque chose. J’aurais pas envie de fermer l’œil moi des fois ? J’ai lutté mais ai tenu bon pour ce dernier opus cinématographique. Ce clou du week-end dépeignait l’élite danoise au travers d’un personnage travaillé par la mort de sa sœur qui fait un transfert sur une femme qui vient de perdre son mari…oui je sais encore des morts ! Un film froid en apparence mais plein d’humanité finalement avec même une petite morale à emporter. La tâche accompli je m’écroule de fatigue dans le bus et ne me réveille qu’à midi le lendemain dans mon lit à Séoul. PIFFiou !

Notre hôtel château de la belle au bois dormant

Le cinéma du futur

De l'art de faire la queue

Pusan city

Les feux de la rampe

lundi 8 octobre 2007

réflexion provinciale à l'occasion de ma deuxième sortie de la capitale

Séoul est vraiment différente du reste du pays. Pas comme Paris peut l’être de la province. Ce sont les attitudes et les paysages qui changent. Séoul est avant tout organisée, standardisée. Dans les restaurants on trouve les mêmes verres en métal, les mêmes baguettes, les mêmes menus. Tout le monde porte le même style de vêtement (malgré le fait que les coréens sont les fashion people de l’Asie). Pour monter dans le bus, prendre le métro ou attendre au bureau d’information les gens se rangent en file indienne docilement et gare à l’étranger non averti. Elle est l’image d’un pays qui a grandi trop vite et qui a du pour cela adopter des normes. Les gratte-ciels omniprésents poussent comme des champignons quand le besoin leur en prend. Pourtant subsistent des zones d’un ailleurs : des vendeurs de rue qui vous proposent toute sorte de nourriture, des marchés de bric-à-brac, des palais de l’ancien temps, des restaurants dans lesquels on s’assoit par terre. La province c’est tout cet ailleurs qui explose. Des batailles pour avoir les derniers tickets de bateau, des enfants qui mâchonnent du poulpe séché, une île sans gratte-ciel, des pêcheurs qui vous agressent – surtout quand ils ont trop bu. Et aucun moyen d’avoir une information fiable. La vie est au jour le jour, on ne peut pas vous prévoir ce qui se passera demain. Une Afrique coréenne comparée à la capitale étasunienne.

La province est habitée d’une présence grise. Comme si elle n’avait pas su se reconstruire proprement. La population a repris la vie erratique, ajoutant un bâtiment là où c’était utile. Mais dans le processus ils ont oublié l’homogénéité. C’est comme un peuple qui n’aurait pas retrouvé son identité. Séoul a, elle, choisi de changer de visage. Elle est loin de l’héritage confucéen de la Corée mais elle réussit à faire quelque chose de son tissu culturel si varié. La province est à l’abandon, régit soit par l’industrie vampirisante du coin soit par une tranquillité passive.

C’est du moins l’impression qu’on en a de l’extérieur. Je suppose que l’essence de la vie provinciale est plus difficile à saisir que celle d’une grande ville à l’occidentale au mode de vie usuel. Dans l’arrière pays il faut prendre son temps, se saisir des ambiances, planer dans la nature, s’amuser des comportements excentriques. Je crois que c’est là que réside la poésie provinciale. Ne cherchez pas des paysages époustouflants, de la culture à qui mieux mieux. Ici ce sont des montagnes sans prétention, des temples gorgés de la foule touristique, des ports industriels et au détour d’une ville champignon le sourire coréen qui simplifie l’existence.

C’est difficile dans un pays dont la valeur réside dans le capital humain de ne pas parler la langue. C’est comme passer à côté de la plus grande richesse de la région. J’en ai évidemment des aperçus, j’en saisis des clins d’œil mais qu’est-ce qui doit se cacher derrière alors ! En tout cas les coréens n’ont pas volé leur surnom de méditerranéens de l’Asie. J’en comprends un peu mieux la signification chaque jour.

lundi 1 octobre 2007

petit point technique

Certains se sont plaint de la complexité du site pour laisser un commentaire, comme quoi il fallait se re-loger à chaque fois. En fait il vous suffit de laisser votre adresse e-mail (ce qu'il appellent nom d'utilisateur) et mot de passe pour publier un commentaire une fois que vous vous êtes inscrit une fois ! Plus d'excuse pour ne pas laisser de commentaires maintenant !

chuseok (suite)

Après deux jours d’excursions au cœur du territoire coréen il était temps de prendre le large. Coup de téléphone du gérant de l’auberge, la météo est clémente, un ferry sera affrété le lendemain matin pour l’île d’Ulleng. Pour les non initiés c’est un morceau de terre quelque part sur la mer du Japon - que les coréens ont bien entendu renommé mer de l’est ! Le lendemain notre folle équipée est donc sur le pied de guerre, face à la passerelle d’embarquement 10 bonnes minutes avant le départ – ô miracle – sans ticket – fallait pas trop en demander. Trouver des places pour ce trajet aller n’est pas un soucis. Quant au fait de revenir de cette île de robinson on nous assure qu’il y a encore « plenty of available seats » mais qu’il faut acheter son billet retour sur l’île. Tu parles ! La traversée est magique (tant que le roulis est encore berçant). Abandonnant leurs sièges assignés, les familles coréennes déploient des couvertures, des papiers journaux ou des manteaux pour s’allonger ou s’asseoir en tailleur à même le sol. C’est vrai après tout pourquoi se forcer à rester dans un fauteuil moelleux ?! Quand le bateau s’arrête je ne suis pas mécontente de toucher la terre ferme. Trois heures de traversée à l’aveugle ça a de quoi vous chatouiller les tripes et notre esquive n’est pas comparable à ces énormes paquebots corses. Notre première rencontre fut sans doute la meilleure, c’est celle d’un guide à tout faire. Notre entremetteuse est une dame obstinée derrière son guichet de l’office du tourisme. Bien sûr elle ne parle pas anglais – quelle utilité quand on est en charge du tourisme après tout ?…c’est alors que le coup de baguette magique est donné à travers son combiné. C’est la fée de l’île au bout du fil : un coréen d’une quarantaine d’année qui prend soin de tous les étrangers. Il ne sait plus où donner de la tête mais nous consacre du temps pour nous trouver un hôtel, nous indiquer les meilleures ballades et nous laisser entre les mains d’une teneuse de restaurant. C’est que l’aventure ça creuse ! Mais dans l’intervalle on n’a toujours pas de billet de retour pour la terre ferme. On a bien essayé mais on a eu en réponse un baragouin coréen dont on ne sait trop que penser. On appelle fée clochette à la rescousse. Le mode d’emploi est assez simple : aller à la guitoune du tourisme, dame sourire décroche le combiné et en trois coups de baguette magique, fée clochette apparaît. Toujours d’un côté différent et jamais après plus de 10 secondes d’attente. Ce type est toujours une énigme à l’heure actuelle…La conclusion de l’affaire est qu’il ne reste plus de siège libre pour rentrer. En tout cas ni pour le lendemain ni pour le surlendemain. C’est pas que j’ai une dent contre les îles désertes mais il va falloir qu’on rentre à l’université un de ces quatre. En attendant on prend notre mal en patience, on longe la côte jusqu’au phare traversant vaillamment une forêt de bambou. Guillaume veut absolument manger du poulpe grillé. Il faut dire que c’est la spécialité de l’île. Vous visualisez ces fils à linge tendant en travers des rues dans le midi ? Eh bien sur Ulleungdo ils ont remplacé les vêtements par du poulpe. Heureusement je parviens à modérer les envies culinaires de Guillaume pour ce soir…ouf !
Deuxième jour sur l’île, toujours pas de billet de retour en vue. Tous les jours on doit aller vérifier à 8h du matin si un bateau miracle n’est pas affrété, on nous a dit que ça arrivait. Mais quand à savoir à quelle fréquence, pour quels motifs, ça on se garde bien de nous le dire. Après notre pèlerinage au terminal de ferry on s’attaque donc au pic de l’île qui était tout de même le but de notre périple. Un bus nous emmène au nord de l’île et nous profitons des falaises plongeant dans la mer. Un ersatz d’Etretat ! Le départ de la randonnée se fait dans un large cratère, le seul endroit plat d’Ulleungdo. Le panorama au sommet est finalement assez limité, j’ai même du mal à distinguer mes compatriotes avec le brouillard. 300 jours de brume par an pour le point culminant de cette île volcanique. On est dans la moyenne ! La soirée nous réserve bien des surprises ! Notre hôtel est en fait une chambre qu’on loue à une famille qui habite l’étage d’en dessous. Et on est mardi : le jour de Chuseok. L’appartement est donc vide, tout le monde est parti fêter Thanksgiving en famille. Le hic c’est qu’à 11h du soir on s’aperçoit que la porte de notre chambre ne s’ouvre plus. A ce moment là moi et Vincent sommes bloqués à l’intérieur, et Guillaume s’inquiète à l’extérieur…en pyjama. Premier réflexe : on cherche le numéro de téléphone du gérant. Personne ne répond. Guillaume se dévoue pour aller voir si le proprio n’est pas plus bas dans les étages. Il revient penaud de son excursion. Il se décide alors pour sortir dans la rue en quête de n’importe qui. N’importe qui et ce fut un pêcheur retraité (on est pas aux Champs-Élysées) vêtu d’un treillis militaire, il a visiblement trop bu. Je vous rappelle qu’à ce stade de l’histoire Guillaume est toujours en pyjama au beau milieu de la rue. Notre pêcheur ne tarde pas à devenir quelque peu belliqueux. Alors sir guillaume ne sachant plus que faire pour éviter la baston prend les jambes à son coup. Il fait le tour du pâté de maison le plus vite qu’il peut, rentre dans notre immeuble et s’enferme à double tour. J’attrape le fou rire, c’est irrésistible. En attendant le gérant m’a rappelé. Il ne parle pas bien l’anglais et n’a rien compris à mon problème mais il arrive. Sauf qu’il tombe sur une porte close puisque Guillaume l’affolé est passé par là. Une ouverture de porte plus tard le proprio constate les dégâts : le mécanisme de la poignée a bel et bien un problème. On a bien essayé quelques trucs : resserrer les vis avec un petit ciseau, faire le coup du cambrioleur et de la carte bleue, mais rien n’y a fait. Alors le gérant monte sur le toit et rentre dans notre donjon par la fenêtre, armé d’un tournevis. Ce n’est pas encore le moment de délivrer la princesse alors la tentative échoue. Il appelle son pote ingénieur qui rapplique 5 minutes plus tard. Que font tous ces gens disponibles un jour férié à 11h du soir ?! Manifestement la ruse n’est pas le passe-temps préféré de notre ingénieur. J’entends ce que je suppose être quelques jurons puis il entame la poignée à grand coup de je-ne-saurais-jamais-quoi-puisque-j’étais-du-mauvais-côté-de-la-porte. Je suis tout de même rassurée de voir cette porte s’ouvrir. Le proprio se confond en excuses. Je m’endors le sourire aux lèvres…Sacré Ulleungdo !
Troisième jour, toujours pas de bateau en vue. La vendeuse d’une des compagnies maritime commence à avoir pitié de moi à me voir revenir tous les jours lui demander un billet. Elle me propose de revenir 10 minutes avant le départ du bateau puis d’aviser. On commence à échafauder des plans. Vincent se dévoue pour fondre en larmes et prétendre qu’il a des examens à l’université jeudi pour qu’on puisse rentrer. Finalement la crise se résout comme s’il n’y en avait jamais eu. En arrivant au guichet de la deuxième compagnie la dame nous vend des tickets sans demander son reste. On accepte ce don du ciel. Pour fêter tout ça on part se promener à la cascade du centre de l’île. On fait un crochet par la deuxième cité de l’île. C’est là où la majorité des bateaux de pêche sont amarrés. Ils sont décorés de guirlande d’ampoules, habillés pour leur sorties nocturnes. Ca sent le poulpe séché à plein nez et on ne tarde pas à découvrir des champs de poulpe en cours de déshydratation. Mais bientôt il est l’heure d’entamer notre retour vers la capitale. Dommage, je m’étais attachée à cette île de pêcheurs, pleine de coréens bagarreurs, de galères sans noms mais tranquille en fin de compte. Nous avions réussi à échapper au poulpe séché jusque là mais sur le bateau une coréenne pensant bien faire nous en offre un…comment refuser ?! Guillaume se sacrifie pendant que Vincent et moi faisons de grands efforts pour ne pas pouffer. Bientôt il le mastique gaiement comme tous les gamins de l’île. Chapeau ! Ca ne l’aura pas empêché de s’en débarrassé à la première occasion…Nous atteignons enfin la terre ferme. La mission suivante est de trouver un bus pour Séoul le jour de l’année où le trafic est le plus noir. On n’a essuyé qu’un seul échec, on s’améliore. On aperçoit les premières lumières de la capitale vers 1h du matin. Je me sens revenir à la maison, c’est étrange. Comme dans tout jeu vidéo qui se respecte avec son lot d’énigmes, d’embuscades, d’astuces à trouver nous attendions avec réticence le « boss de la fin », le grand méchant imbattable. Mais de façon surprenante nous avons rejoint la résidence sans encombre. Au revoir et à bientôt pour de nouvelles aventures !

vendredi 28 septembre 2007

추석 (chuseok)

Chuseok ? C’est le thanksgiving coréen. C’est l’heure où tous les habitants du pays du matin calme rentrent chez eux, dans leurs familles, dans leurs villes natales. Les belles-filles font la cuisine pendant trois jours, les fils encaissent la tension de leurs femmes (dixit mon prof d’économie coréenne). Pour les étudiants étrangers comme moi ça veut simplement dire des vacances de 5 jours et une occasion d’aller sur les routes découvrir le pays plus en profondeur. C’est ainsi que vendredi soir dernier je me suis blottie dans un bus en partance pour le sud. Sieste sur la route pour me réveiller sous un péage déguisé en pagode. Une écriture lumineuse indique « Gyeonju ». On est arrivé. On c’est moi et deux autres français : Vincent et Guillaume. Ô joie, j’ai pu reposer ma langue et ma tête pendant ces quelques jours de répit. Il est minuit et nous poussons la porte de notre auberge de jeunesse. Le propriétaire est un papy coréen qui a roulé sa bosse à travers le monde. Il parle anglais et japonais, fabrique ses propres coussins en bambou et édite une carte touristique de la ville. Son hôtel est le repère de tous les étudiants étrangers comme nous ne tardons pas à le remarquer. Pour le moment j’essaie de m’accommoder de mon futon pendant que Guillaume opte pour un matelas posé sur des caissons de bière.
Gyeongju est une ville grise. C’est la capitale de l’ancien royaume Silla. Elle est réputée pour être l’endroit où l’on mange le moins bien en Corée. Manifestement elle n’est le résultat d’aucune volonté architecturale d’ensemble. Les gratte-ciels côtoient les maisons à toit de tôle. Le béton apparent est de circonstance. Notre quartier n’a pas l’air d’être le poumon commercial de la cité. La seule échoppe que nous rencontrons est un magasin d’extincteurs, au beau milieu de nulle part…étrange. Pour planter le décor la discothèque du coin se prénomme le « pipi » (véridique).
Notre objectif de la journée est le temple de Bulguksa, le plus célèbre de Corée. Du parking du bus on emprunte une allée bordée de guitounes hétéroclites. Les plus communes sont celles des mamies qui font revenir des larves couleur miel dans des poêles du siècle dernier. L’équivalent des vendeurs de marrons en France je suppose. Ma partie préférée du temple est un terrain recouvert de pyramides rocheuses. Tous les enfants sont affairés à empiler les pierres pour faire leur propre tour, la plus haute possible. Ils viennent ici pour faire un vœu. Je déambule dans ce labyrinthe bouddhique et butte sur un panneau « staff only ». Je m’arrête et contourne le bâtiment interdit. Je découvre alors sur le côté de la façade une antenne parabolique : pas si ascétique que ça la vie de moine ! Nous enfourchons des vélos tous terrains pour l’après-midi. Ce sont des collines verdoyantes qui nous ouvrent les bras. Pas le genre de collines naturelles. Plutôt des boursouflures vertes pomme. Elles sont dix peut-être plus au milieu de la plaine citadine et narguent la ville qui ne peut les manger. Ce sont en fait des tombes. Des villageois ont campés sur leurs flans pendant des décennies avant qu’une d’entre elle ne s’écroule et que ses entrailles laisse entrevoir un caveau (je n’ose pas imaginer le paysan qui s’est réveillé au côté d’un squelette). Nous atteignons bientôt le cœur de Gyeongju. Définitivement plus animé. Il y a là un grand marché. On se perd parmi les poulpes en guirlande, les anguilles écrasées par le nombre dans les aquariums, les têtes de cochons posées à même le sol. Dire que tous les restaurants de la ville s’approvisionnent ici ! Je souris à la vue d’une vieille femme qui a trouvé le repos (nous sommes sur du roc ;-) enfouie sous les vêtements colorés de son étal.
La détente du soir m’est offerte au détour d’un petit choc culturel : le spa. Sauna, massages, bain d’eau chaude ou froide, douche massante. La règle du jeu pour profiter de tout ça est une tenue d’Eve. Qu’à cela ne tienne ! Je dois dire que c’est déjà inconfortable en général de ne pas savoir comment les choses fonctionnent mais quand on demande des précisions en étant nue c’est un summum de vulnérabilité. J’étais bien sûr la seule étrangère dans ce paradis marin, finalement à l’aise au milieu des mamies coréennes bienveillantes.

samedi 15 septembre 2007

comme un poisson dans l'air

Eh oui c’est bien à un mariage coréen que j’ai assisté aujourd’hui ! Vous avez probablement remarqué, à la musique et au décorum, que ce n’était pas tellement différent des mariages occidentaux. C’est que vous avez manqué les cris de la mariée et du marié. Chacun doit proclamer trois fois « je t’aime » le plus fort qu’il peut. « Sarangè, sarangè, sarangè ». L’homme est évidemment plus convaincant quand il s’agit de démontrer l’assurance de son amour. Mais n’est-ce pas comme ça dans la vraie vie ?
Autre particularité : le salut devant les parents.

Comme j’étais venue avec le groupe d’étudiants de l’église du marié j’ai du poussé l’incruste jusqu’au point d’aller devant chanter avec eux une chanson que je ne connaissais pas. Je commence à me sentir comme un poisson dans l’eau quand il s’agit de faire des choses que je ne maîtrise pas, de suivre les gens dans des endroits que je ne connais pas et d’être une opportuniste de l’amitié. C’est ainsi que j’ai continué sur ma lancée, en profitant du buffet délirant. Plus d’une vingtaine de plats sans compter les entrées et les desserts. Ce que me disait Anna était vrai : en Corée les mariages sont cours et chers. Comprenne qui pourra. Enfin, je suis contente d’avoir croquer un autre bout de la culture coréenne. Le plus savoureux était la cérémonie privée selon le rituel coréen. Les heureux élus étaient drapés de leur costume d’époque sur fond de paravent chinois racontant la Bible en peinture. Devant eux une table où trône une pyramide de chocolat qu’ils se font manger successivement. Faudra que j’y pense pour mon mariage !