PP en Corée

PP en Corée

vendredi 4 janvier 2008

Japom pom pom

Me revoilà revenue en France ! Eh oui, depuis hier soir. J'ai bien lutté ces deux derniers jours entre une nuit passée à l'aéroport de Séoul et une autre passée dans l'avion. Autant vous dire que je suis un peu décalquée. Je repars demain pour un stage ski-maths organisé par l'école. De quoi joindre l'utile à l'agréable ;-) (l'utile étant le ski et l'agréable les maths, vous l'aurez compris tous seuls). Je vous promets un article de conclusion sur la Corée dès mon retour de la montagne. On m'a réclamé aussi un petit quelque chose sur Séoul, ça viendra aussi plus tard, avec quelques-unes de mes dernières photos. Pour vous faire patienter vous pouvez aller voir sur mes albums photos quelques vues prises par Souraya. Je vous redonne le lien : http://picasaweb.google.com/QuiEstCharlie

vendredi 21 décembre 2007

Templestay

Une petite photo du week-end que j'ai passé dans un temple avec 4 autres exchange student dont trois suisses germains (devinez lesquels sur la photo). J'ai du faire un gros effort de ponctualité :-)


Je trouve qu'on a tous des têtes de vainqueurs dans nos habits de moines novices. Je garde plutôt un bon souvenir de cette découverte du bouddhisme. Mis à part les 108 agenouillements à 4h du matin bien sûr. Mais on avait des moments "entretiens avec un moine anglophone" qui étaient vraiment intéressants. Notre interlocuteur était un ancien étudiant marxiste qui avait participer aux manifestations de 1987. A la fin de cette période de trouble il a décidé de devenir moine bouddhiste. Pourquoi pas finalement...?! J'avoue qu'il y a encore quelques zones de flou pour moi dans cette philosophie-religion. Je reste perplexe quant à la possibilité de s'auto-déclarer illuminé. Mais sinon on bénéficiait d'une équipe encadrante très féminine, aux petits soins qui nous donnaient des ricecakes en privé quant elles estimaient que le repas n'avait pas été suffisant. D'ailleurs notre moine référant m'a alluciné par la quantité de nourriture qu'il n'ingurgitait pas. Une cuillère de riz, deux trois légumes puis c'est fini. Il avait pourtant l'air en pleine santé...je suis sûre qu'il avait une réserve de kimchi sous son oreiller. On a aussi fabriquer des lanternes et fait de la calligraphie. Carlos était tout heureux de faire des travaux manuels, il était apparemment spécialiste dans son enfance. Puis on a eu droit aux cérémonies du thé, au balayage de la cour, au lever à 3h du matin, au repas en silence et compagnie. Pas faché d'être chrétienne quand même !

지리산에 갔어요

En voiture tout le monde ! Je vous emmène dans ma machine à remonter le temps…un mois en arrière. Pour vous ça ne fait aucune différence, vous n’avez qu’à imaginer que c’était le week-end dernier…
Bienvenue à Jirisan. N°2 au classement des Parcs Nationaux coréens. Une chaîne de montagne qu’il faut 4 jours pour traverser. Bon bien sûr nous avons pris une option plus pépère en ne s’enfonçant pas dans les tréfonds montagneux.
Pour le départ, comme d’habitude je ne me réveille pas. J’ai encore plus honte parce que c’est aux mêmes que je refais le coup : Michael, Vasek et JC. Mais cette fois-ci Delphine et Steffen se sont joints à nous (vous les avez déjà vu passer au festival du film de Pusan si vous suivez…). C'était au début du mois de novembre, quand les arbres brillaient de milles feux. Ce week-end a été l'occasion pour nous d'assister à un concert de tambour dans la nuit d'un temple bouddhiste

et de prendre le thé avec un moine vivant dans un ermitage reculé.


Il parlait anglais et était tout émoustillé de croiser des étrangers. Il a demandé à son collègue de nous préparer le thé vert de la région. Son compatriote était un érudit à barbe blanche qui parlait peu. Il nous a préparé sa décoction avec cérémonie et nous a tous passé à la trappe en dégainant son motorola flambant neuf au bout de 5 minutes. Mélange explosif ! Sinon on a pas mal marché, on a dormi par terre à la coréenne


et on a pas croisé d'ours malgré les panneaux de danger. Dommage...


Deux éléments de notre folle équipée ont déclaré forfait au milieu de la montée. Du coup ils ont passé une demi-heure à essayer de photographier un écureuil et ont passé le reste de leur temps à siroter leur thé bien au chaud avant de prendre des photos du temple adjacent. Il faut dire que ce temple c'était quelque chose. A la tombée de la nuit les tambours résonnent encore et on voit des ombres agiles venir fermer les portes coulissantes. Les pagodes remplis d'or prennent la teinte rougeâtre des lampions suspendus au plafond. Une ambiance quasi mystique à vous faire frisonner.




PS : les photos sont de Michael, admirez l'artiste. Et le titre signifie : je suis allée à Jirisan ;-)

Quand la France se ramène en Corée

Eh oui ! Depuis une semaine ça défile à Séoul. Premier arrivé : Jonathan. Bon je passe sur les détails des retrouvailles larmoyantes ;-) La deuxième dans la liste fut Souraya, une amie de l’école qui a fait son semestre à Hong Kong. Ca m’amuse beaucoup de balader tout ce petit monde dans ma capitale, de faire la star en parlant coréen, de leur montrer mes coins favoris, mes resto chéris, de répondre à leurs questions d’étrangers interpellés (quand j’y arrive, j’avoue que j’ignorais si l’essence était subventionnée ou pas mais qui s’en préoccupe vraiment ?!). Jonathan me sort quelques perles. Il peut me lancer à propos d’un bâtiment d’un palais « il est plus sympa que l’autre celui-là ». Il s’amuse du fait que tout le monde est rangé. Il me dit qu’ils ont tous l’air sympathiques et inoffensifs. Il faut dire que tous les coréens sont aux petits soins ; entre ceux qui viennent spontanément pour nous aider, les chauffeurs de bus qui font des détours pour nous déposer devant chez nous et ceux qui nous emmène en voiture pour ne pas qu’on perde de temps. On revient de deux jours à la montagne pour faire du ski et je dois dire que c’est passé comme une lettre à la poste. On ne savait pas où dormir, comment louer des skis et quel bus prendre pour rejoindre la station mais on a suivi le guide : il y avait toujours un coréen pour nous prendre sous son aile. Je crois qu’on a goûté notre moment le plus extraordinaire à la fin de notre longue après-midi de ski. On devait reprendre la navette pour rentrer dans la ville de notre minbak (chambre louée par l’habitant). Seulement quelle navette prendre ? On fait le tour du parking, on tombe sur pleins de bus de tourismes. On se rabat sur des bus verts qui ont l’air public. On monte dans le premier qui passe. Il nous emmène à l’endroit opposé de là où on voulait aller. Le chauffeur de bus arrivé à destination s’aperçoit bien qu’on a l’air perdu. Il nous baraguine en coréen, je comprends deux mots. Je lui tends notre clé d’hôtel. Il y a un numéro de téléphone dessus. Il appelle, demande à la personne au bout du fil où se situe cet hôtel. Il nous ramène plus bas et nous remet entre les mains du personnel de la station. Ils nous expliquent qu’à 18h il va se passer quelque chose et qu’il faut patienter en attendant. Alors ils nous ouvrent leur cahute chauffée pour qu’on n’attende pas dans le froid. Vient 18h et avec lui un bus. Les deux filles qui prennent soin de nous expliquent au chauffeur notre situation. Il bougonne. On monte. Il s’est avéré que notre hôtel n’était pas vraiment sur la route du bus. Le chauffeur a fini par déposer tout le monde et par nous laisser juste devant notre hôtel avant de repartir. Plutôt sympa. On a eu droit au comité d’accueil à l’arrivée, à trois coréens enthousiastes de nous voir arrivés à destination qui se sont empressés de ranger nos skis. De vrais assistés j’vous dis ! Je me suis quand même aperçue lors de cette petite virée que j’avais atteint un niveau de coréen suffisant pour comprendre et me faire comprendre. Quel plaisir de faire connaissance sur le télésiège et de s’entendre dire ‘Je t’aime’ par deux jeunes coréens qui ne connaissent que ce mot de français ! Plus habituée aux us et coutumes j’ai aussi moins peur de tester du nouveau, d’aller dans des endroits reculés sans avoir beaucoup d’information, de me lancer dans des entreprises foireuses. J’ai le cadre sécuritaire suffisant pour faire ça : je connais les menus des restaurants, le fonctionnement des lieux pour dormir, le système des bus et je peux me dépatouiller en coréen. C’est le début de la liberté en pays étranger ! Bon évidemment il y a toujours des aléas, le dernier en date étant une attente de plus d’une heure dans le froid glacial dans l’expectative d’un bus peut-être inexistant. Mais au moins quelqu’un avait eu la bonne idée d’apporter un canapé au milieu de cet arrêt de bus. On s’est donc pelé confortablement :-)
Ce soir l’aventure continue avec l’arrivée d’Amandine, j’ai hâte !

politique de divertissement

Le 19 décembre avait lieu l'élection présidentielle en Corée...mais bizarrement pas d'excitation ambiante, pas de débat sans fin, pas d'agitation citoyenne. C'est qu'en Corée, il faut le dire carrément, personne n’en a rien à faire de la politique. J'ai eu l'occasion d'interroger quelques-uns de mes amis avant l'élection. Ils savaient rarement pour qui ils allaient voter et n'avait à peu près aucune idée de la différence entre les partis. La campagne présidentielle c'est un peu une énorme farce. On peut voir les candidats en image de synthèse danser sur la dernière musique à la mode à la télévision, on voit des chars de défilé qui sont des tribunes pour haranguer les foules, on voit le candidat numéro 1 en k-way orange qui danse YMCA. Pourquoi pas…Il y avait en tout 12 candidats portant tous des numéros. En gros seuls les 3 premiers étaient vraiment des candidats sérieux. C’est le numéro 2 qui a fini par gagner, la fouine comme on l’appelait.


Là c’est à son tour de danser sur YMCA…No comment. Il faut savoir que les affiches elles-mêmes valaient le détour. Séoul était bariolée de banderoles. Ma préférée représentait un candidat dessiné sur son petit vélo. Je suppose que c’était le Noël Mamère coréen. Sinon j’aimais aussi beaucoup le candidat extraterrestre. E.T. pour la présidence :


Tous les coréens sont unanimes : l’élection présidentielle c’est important mais on s’en fout (citation texto d’un étudiant coréen). Du coup tous les candidats rivalisaient de ridicule pour attirer l’attention. A qui fera la meilleure blague, à qui aura la meilleure choré, à qui proposera le plus de divertissement autour de sa campagne. Le jour même de l’élection est férié pour permettre à tous d’aller voter. Résultat les gens ne se demandent pas pour qui ils vont voter mais où est-ce qu’ils pourront aller pour ce jour de vacances inespéré. Au moins pas besoin de se prendre la tête : un seul tour, le numéro 2 récoltant plus de 50% des suffrages et l’affaire est pliée. Sauf que malheureusement c’était le candidat soupçonné de fraude…histoire à suivre.

lundi 10 décembre 2007

Daily life

Ce matin j’ai le sourire aux lèvres. Et ce n’est pas l’examen d’économie coréenne qui me l’aurait enlevé. Il est passé comme une lettre à la poste. Tranquillou, sans pression, comme tous les examens ici. J’ai simplement eu un blocage sur ABS, j’avais aucune idée de ce que ça pouvait vouloir dire. Je me suis abstenue de parler d’Antiblockiersystem. J’avais comme l’impression de ne pas être sur la bonne piste…
En sortant j’avais presque la larme à l’œil. Le prof nous a invité à passer dans son bureau au mois de janvier pour réclamer une invitation au resto…quelque soit la note de notre examen bien sûr ! J’apprécie vraiment la décontraction des profs ici. Ils ne s’embarrassent pas d’une distance inutile. Ils débarquent avec des pulls en laines Bugs Bunny et font livrer des pizzas pour tout le monde en plein milieu du cours. Le mieux c’est quand ils vous accompagnent prendre un verre au bar du coin, ça en devient inquiétant. Ca reflète bien comme les relations intergénérationnelles sont beaucoup plus naturelles ici. De toute façon tout le monde se mêle de la vie de tout le monde qu’on soit grand-mère ou gamine.
Après le départ précipité du prof, c’était au tour de Monique l’Australienne de nous faire ses adieux. Ca me fait tout drôle quand les gens me disent au revoir. C’est comme si je ne voyais pas de quoi ils parlaient. C’est trop soudain. Mais les compatriotes tchèques ont séché mes larmes bien vite. J’ai attrapé un réel fou rire en les entendant parler entre eux. C’était irrésistible de les voir gesticuler, parler à toute berzingue en roulant les mots dans leur bouche. Quelle langue ! On a décidé avec Jacub (le tchèque n°2) de ne pas se laisser abattre. Lui et moi ne partons pas avant trois semaines. Alors pour se venger de tous ceux qui nous quittent on a planifié une fête pour samedi. Y’a pas de raison de se morfondre sur son sort !
En attendant j’ai l’impression de tout voir pour la dernière fois. Et je souris en jetant un regard ému sur les excentricités coréennes. Maintenant que je suis dans la perspective du départ tout est couvert d’un voile de nostalgie. Même ce qui m’énervait il y a encore une semaine m’enchanterait presque aujourd’hui. J’étais dans le métro pas plus tard que tout à l’heure et je dois dire que j’étais aux anges. Une adjuma (femme d’âge moyen) vendait des gants. Pas dans les couloirs, ce serait trop normal mais DANS la rame de métro. Elle brayait : cheon won, cheon won (1000 won). Et le pire c’est que son marketing agressif marchait du tonnerre, les gens lui achetaient des gants à tour de bras. Toujours ce vieux système B qui ne les choque pas. Il y a même une grand-mère qui lui a échangé sa vieille paire de gants contre des neufs. Un vrai marché aux puces où tous les coups sont permis. Loin d’être agacée par ce remue ménage, j’arborais un sourire indécrochable.
Ces coréens ont failli avoir ma peau mais au fond je crois que je les aime bien…

mardi 4 décembre 2007

Gelée royale

Non je ne suis pas morte, je ne me suis pas fait engloutir par une avalanche de kimchi et je n'ai pas (encore) décidé de quitter l'université. Quitter le navire une semaine avant les examens...plutôt tentant non ?! Voilà l'explication toute bête de mon absence : le (pseudo) boulot. Et je crois que c'est officiel le vent glacial a aussi gelé mon cerveau. Ralentissement dramatique. Je crois que la zone des réflexes matinaux a été gravement atteinte (vous savez, ce réflexe qui vous fait bondir de votre lit le matin...il est peut-être , chez moi, inhibé depuis ma naissance. Faudra que je creuse la question).
Depuis la dernière fois j'ai quand même eu le temps de passer un week-end dans un temple bouddhiste (réveil à 3h du mat, méditation en position du lotus et tutti quanti), de parler (beaucoup trop) français...ce qui explique en partie que je n'ai plus besoin de me défouler sur ce blog, de m'amuser devant les candidats à la présidentielle rivalisant de ridicule, et d'avoir un accident de voiture à Jeonju en allant rendre visite à des amis de mes parents. C'est un couple de coréen qui habitait Aix-en-Provence dans les années 80. Du coup j'ai revu des photos de France et notamment mon père plus barbu que jamais, vêtu d'un maillot de bain modèle vintage les pieds dans l'étang de Berre. Ca valait le détour !
Je vous raconterais tout ça plus en détails quand la tempête sera passée...si elle ne m'a pas emporté sur son passage. Portez-vous bien en attendant. Priez pour un micro-climat plus clément sur mon cerveau...