PP en Corée

PP en Corée

mercredi 31 octobre 2007

Cuisine et Dépendances


Juste une p'tite photo de mes exploits au club de cuisine de la SNU. Au menu nous avions à préparer des "tchap chè" : nouilles à la patate douce accompagnées de légumes et viande de boeuf émincée. Le tout arrosé abondamment de sauce soja bien sûr ! Là vous me voyez à mon moment préféré : le méga touillage. Une sensation de gluant extraordinaire. Ca m'a rappelé quand je prépare la pâte à tarte avec ma môman ;-)

Croyances

Ma vie du moment est – de façon assez inquiétante d’ailleurs – occupée par le sommeil. Je suis rentrée en hibernation après mes examens (qui se sont plutôt bien passé d’ailleurs, merci de demander). Entre deux siestes j’essaie de continuer à saisir l’essence de la Corée. J’ai deux petites histoires sur les croyances coréennes pour vous :

Groupe sanguin
Attention, pour connaître votre caractère en Corée on vous fera une prise de sang. D’après je ne sais qui d’ailleurs, il ressort des traits de personnalité communs des différents groupes sanguins. Lors de mon premier cours de cuisine coréenne, les adjuma (titre des femmes mariées, ou supposées l’être, en coréen) qui m’entouraient m’ont raconté l’histoire de cette détermination sanguine à travers une anecdote.
Il y a 4 personnes autour d’une table. Chaque individu a un groupe sanguin différent : A, B, AB, O. Au bout d’un moment, sans raison, l’individu du groupe AB s’en va en courant et claque la porte. Sans se poser plus de question, l’individu de groupe O le suit pour savoir de quoi il retourne. Reste à table A et B. A s’interroge pour savoir s’il a fait quelque chose de mal qui a poussé AB à partir. B quant à lui n’a rien remarqué à ce manège.
Ainsi ceux de groupe sanguin A sont dit introvertis, peu sûrs d’eux-mêmes ; ceux de groupe B ont mauvais caractère, surtout les hommes apparemment ; ceux de groupe O sont les plus à l’aise, s’auto complimentent, sont très sociables ; ceux du groupe AB sont les plus instables, des Dr Jekyll et Mr Hyde, c’est parmi eux qu’on trouve les génies. Les coréens doivent avoir une piètre opinion d’eux-mêmes pour croire à un truc pareil puisque la majorité de la population asiatique est B…Perso, j’étais bien contente d’être O+ :-) (non cette histoire n’est pas de l’auto complimentation)

Le quatrième étage
Vous êtes dans un ascenseur, en Corée. Vous montez au 1ere étage et vous voulez vous rendre disons au 6ème. Vous écoutez attentivement les annonces : 2ème étage,…….3ème étage,……… F étage. Hein ? Eh oui, en Corée il n’y a pas de 4ème étage. Ca porte malheur. Le chiffre 4 en coréen se dit « sa » dont la sonorité est proche du mot « mort ». C’est pourquoi – spécialement dans les hôpitaux – il n’y a jamais de chambre n°4. C’est un peu l’équivalent de notre 13 occidental. C’est à ce moment là que je me suis demandée ce que ça voulait dire d’être née le 13/04.

lundi 22 octobre 2007

Les photos de L'ogre

Suivez ce lien pour découvrir le résultat quand on mélange un ogre, un tchèque, Jeju et la photographie : http://vasahav.rajce.idnes.cz/Vylet_na_Jeju-do_19.-21.10.2007/

Jeju mon amour

L’histoire commence un vendredi matin. A Jeju-do, destination des lunes de miel coréennes, île dite « sub-tropicale » (on repassera pour le tropical). Un morceau de Terre dominé par Hallasan, pas le roi de l’île mais le pic le plus haut de notre Corée. Sur cet îlot 5 voyageurs en quête de sensationnel. Il y a d’abord Photoman plus connu sous le nom de Tyran du sommeil. Il nous a tiré du lit à 4h du matin pour prendre l’avion le bougre. Et en plus je n’étais pas au bout de mes peines puisqu’il a fallu se faire un lever de soleil. Vient en second L’ogre tchèque. Sa philosophie : 500g de pâtes par repas quand il s’entraîne en République Tchèque, il faut dire que monsieur a grillé sur le poteau Jan Svorada en VTT l’année dernière. Bref, L’ogre tchèque c’est du lourd, avec lui pas besoin de se demander qui finira les réserves…Nous avons ensuite Le faux blasé. Blagueur comme pas deux mais cynique à la française. Un désabusé en cours de traitement doublé d’un barbu inquiétant (le seul à s’être fait contrôlé à l’aéroport). Puis suit UnRéveilParHeure, l’homme qui fait une sortie toute les heures émergeant de sa maladie, de son sommeil ou de ses rêveries. Mais toujours une remarque lumineuse, drôle et pleine de vie ! Le seul de tous nos francophones à passer en mode anglais aux moments les plus inattendus, histoire de pratiquer. Et enfin il y a moi, la touche féminine de l’expédition…
Vous voilà familiariser avec cette fine équipe. L’aventure a donc commencé pour moi par un non réveil à 4h du matin le jour du départ…Quand je découvre le pot aux roses je saute dans mes chaussures en 2 minutes puis déboule dans la rue armée de mon sac de randonneuse tentant désespérément de rattraper l’irrattrapable. Le tyran du sommeil ne me fait même pas les gros yeux quand je les rejoins finalement. Décollage, atterrissage et nous voilà à Jeju-do paradis sur Terre – au moins d’après les brochures touristiques.
On entame dans le vif du sujet : Le Hallasan. A me retrouver avec ces quatre costauds bien décidé à faire du sport j’étais légèrement inquiète mais finalement mon entraînement rando de cet été a raison de mes appréhensions. Pour rejoindre le début du parcours un coréen généreux nous prend à l’arrière de son pick-up, la preuve en image que le stop en Corée ça marche aussi. Puis l’ascension en tant que telle ce sont des pelouses de bambous de 2cm de hauteur, des gamins par milliers en sortie scolaire et du vent à qui mieux mieux. Et quel vent ! A décorner les bœufs et à nous givrer les cils par la même occasion. Pendant qu’on s’enfile des ramyeon (nouilles lyophilisées) en vitesse au sommet UnRéveilParHeure trace sa route sans nous remarquer. On le retrouve en bas de la montagne, tout surpris de ne nous avoir pas croisé avant. En attendant on se les pèle sévère. Et le bus n’est pas prêt d’arriver. Mais est-ce qu’il y a un bus seulement ? Dans une tentative ultime de se réchauffer on fait un maul géant puis on s’attaque à toutes nos réserves. On est frigorifié donc plus question de faire les fines bouches. Tout y passe : chips, thon en boîte, pain de mie, ramyeon non hydratées. Faudra qu’on pense à porter plainte pour publicité mensongère. Elle est passée où l’île tropicale ? L’arrivée du bus nous délivre. Je sens revivre mes doigts. Pour la soirée on fait un tour par des chutes d’eau illuminées dans la nuit. Sympathique ma foi. Puis dodo plus que mérité.
Samedi 7h30 c’est Le tyran du sommeil, debout depuis deux bonnes heures déjà, qui me rappelle son existence. Grumpf ! Il était parti avec L’ogre faire des photos du lever du soleil. Des fous je vous dis ! A pieds joints dans mes chaussettes, petit dej’ sur le pouce et on s’envole vers « Big Blue 33 ». Un centre de plongée tenu par un expatrié allemand en Corée depuis 13ans. C’est un homme qui a l’œil : il nous fixe tous, nous jauge, nous examine dans les moindre détails puis nous sort combinaisons, chaussures et masques à notre taille. Il a du métier. La suite de la journée n’est que bronzette sur un caillou à 10minutes de la côte. On se met en cercle pour écouter notre mentor de pongée sous-marine qui nous en apprend les rudiments. Il y a les signes pour se faire comprendre sous l’eau, le comment respirer, le nom de tous les gadgets qui composent le gilet du plongeur. Puis pour équilibrer la pression dans nos oreilles il faudra les faire « poper » (du son « pop ») tous les 2m en s’enfonçant sous la surface de l’eau. Les deux premiers se jettent à l’eau (au sens propre comme au figuré) puis c’est mon tour avec Le cynique qui me fait part de tout ce qui pourrait nous arriver, il veut mesurer les risques avant de se lancer et y met une imagination débordante. Merci ! Me voilà équipée en robocop des mers m’accrochant à la ligne qui me mènera dans les fonds marins. Mais mes oreilles ne « popent » pas, panique. Tant pis, on continue, on réessaie, bon ça a l’air d’aller. J’ai fini par profiter des coraux violacés, des bancs de poissons vous prenant par derrière, des étoiles de mer, oursins, organismes multicolores et j’en passe. Tout du long je me suis quand même demandé si mes tympans ne seraient pas endommagés à tout jamais, au moins je connaissais déjà la langue des signes…je vous rassure finalement rien de grave, de retour sur la terre ferme j’ai mis 1h à récupérer mes oreilles. Une heure d’incompréhension avec notre Faux blasé qui avait aussi une oreille bouchée. Un dialogue de sourd permanent. Ces 20 minutes sous les mers m’ont paru durer une éternité, comme si la base de temps avait été modifiée. C’est quand même autre chose que les vidéos de Nicolas Hulot quand on y est vraiment. Pour récupérer de mes émotions, pique-nique rapide puis sieste sur les rochers tiédis par le soleil. Un coup de soleil à la clé (au milieu du mois d’octobre, la classe !) puis retour vers la côte et départ pour la prochaine destination : Seongsan.
La ville en elle-même est inquiétante d’inactivité. Des combinis 24/24 où il faut réveiller les propriétaires, des rues désertes à en mourir et des restaurants qui vous mettent à la porte à 21h. Puisque c’est comme ça on va se coucher, l’intérêt de cette ville fantôme étant de toute façon le « sunrise peak » qu’on gravira demain matin. On jette un coup d’œil à la lamentable défaite française contre l’Argentine avant de fermer l’œil.
5h30 lever, sans même l’aide de notre Tyran devenu trop prévisible. Le « sunrise peak » est un morceau de terre cylindrique sorti tout droit de la mer, le cratère d’un volcan éteint s’élevant à une centaine de mètres de hauteur. Pour moi c’est le lieu du plus pur lever du soleil que j’ai jamais vu, enfin une vraie récompense après un réveil matinal. On profite de la vue, des lapins qui gambadent, de la lumière qui s’étend progressivement sur Seongsan. L’ogre tente un suicide pour l’amour de la photo, échoue, puis on redescend.
L’étape suivante est Udo, une île adjacente à Jeju, à peine quelques 17km de périmètre. On y loue 3 scooters et un tandem. On s’offre un flash back dans les années 70 avec nos casques roses et oranges et nos bolides vintages. Bientôt nous voilà partis à la découverte des plages de sable blanc, des plongeuses qui pêchent sans oxygène et du littoral de pierre noire. Après une hésitation tandem je tombe définitivement amoureuse de mon scooter. On flâne, on s’arrête, on trempe nos pieds dans l’eau translucide, on rêve, on rit. Puis c’est bientôt l’heure du ferry, l’heure du taxi et finalement l’heure de l’avion.
Au final un souvenir de fraîcheur, d’été indien, de vent, de petits poissons, de jeux de mots, de franche rigolade et de personnalités bien trempées. A quand la prochaine ?

mercredi 17 octobre 2007

Fighting !

Depuis le premier jour du semestre j’avais constaté qu’il y avait toujours des tonnes de gens dans les salles de travail de la bibliothèque. Mais qu’est-ce qu’ils trafiquaient là le premier jour du semestre ? Je me suis bien vite aperçu qu’en fait ils n’y travaillent pas vraiment. Y’en a toujours un qui écrit un texto, l’autre qui joue sur son ordinateur portable, un troisième a sorti un roman de derrière les fagots. L’inefficacité maximum ! Un coréen suédois a fini par illuminer ce mystère. En fait c’est pour être « bien vu » que les coréens passent des heures à faire semblant de travailler. Ca peut même aller jusqu’à ne pas pouvoir considérer quelqu’un comme ami parce qu’il ne travaille pas (ou qu’il ne fait pas assez semblant de travailler). Je ne sais pas si c’est un phénomène généralisé dans tout la Corée mais c’est en tout cas la loi de la SNU. Et moi aussi j’ai fini par tomber dans le panneau…
Hé oui ! Aussi surprenant que ça puisse paraître il a bien fallu que je m’y mette moi aussi à travailler. Pas dès le premier jour bien entendu mais deux devoirs à rendre et des examens de mi-semestre ont suffit à tirer ma sonnette d’alarme. Alors je commence à plancher sur ce DM à rendre pour mercredi. On est lundi…c’est pas glorieux ça fait deux semaines qu’il nous l’a donné. Premier problème, deuxième problème, troisième problème. Zut je suis bloquée. Et là j’ai une grosse prise de conscience : à qui est-ce que je demande de l’aide ? C’est un cours où je suis la seule non-coréenne donc pas de solidarité étrangère qui tienne. J’ai bien le numéro d’un gars mais je l’ai jamais appelé…Tant pis, je suis plus à ça prêt je lui envoie un texto d’appel au secours. Ce sauveur espéré c’est Kiho, un cancre pseudo-caïde qui se fait aimé des foules. Il m’a pris sous son aile le premier jour et depuis me donne des coups de coudes quand je m’endors en cours. Il a servi dans l’armée américaine et en a gardé un anglais époustouflant (les coréens mâles doivent faire deux ans de service militaire après le lycée).
Je m’endors, je me réveille. On est mardi et bientôt mardi soir et j’ai toujours pas de nouvelles de Kiho. Le coup du « je te contacte jamais sauf pour les devoirs à rendre » a du jeter un froid…Il doit me prendre pour une fille mal organisée de m’y prendre deux jours avant la deadline…Mais finalement à 22h30 : « je suis à la bibli avec mes potes, on planche sur le homework pour demain, rejoins-nous si tu veux ». Et moi qui culpabilisais de ne pas m’y être pris à l’avance !
C’est ainsi que j’ai fait la connaissance de la bibliothèque, à 11h 30 un mardi soir, pas dégorgée pour un sou. Ils me font une petite place, on s’échange les résultats et c’est parti pour une folle soirée de boulot. Eux ils ont l’air de trouver ça normal, j’en viens à me demander s’ils campent dans la bibliothèque toutes les nuits. Alors que je me lance dans la suite et j’espère bientôt fin de mon DM. Kiho me lance un petit « Fighting ! » : l’exclamation coréenne pour se donner du courage, je me crois en plein drama. Sur le coup d’une heure du matin ils m’emmènent à l’extérieur. Ils ont commandé du porc grillé version KFC. Des petits bouts de viandes enrobés de croustillant à tremper dans une sauce aigre-douce gluante piquante à souhait. Et on est là, tous les 5 à grelotter dans le froid, dégustant dans le pot commun. Moi j’ai le nez qui coule à cause du porc trop épicé. On arrose abondamment tout ça de coca. Puis quand il n’y a plus de viande on va acheter des chips pour finir la sauce (attention ici même les chips se mangent avec des baguettes !). Je crois qu’on atteint un sommet dans la catégorie « je suis loin de ma mère, mangeons non équilibré ! ». Je leur raconte que j’ai un examen le lendemain matin. J’ai droit à un autre « Fighting ! ». Puis on rentre pour finir.
Je bâcle la fin et jette l’éponge à 2h30. Ils ont l’air surpris de ma défaite si « rapide ». Je pense à mon examen de macroéconomie qui m’attend. Pour me donner du baume au cœur je m’endors en m’adressant un « Fighting ! ».

dimanche 14 octobre 2007

sur les traces de Clément Larcher...spéciale dédicace !

Aussi tôt dit, aussi tôt fait (ou presque).


(message pseudo perso à Clément) Voilà enfin la preuve en image que tu étais bien à Séoul en 2002. Par contre je ne sais pas ce qu'avait ta main mais c'était la seule à être mouillée... D'ailleurs je l'ai bien mérité cette main parce que qu'est-ce qu'il était loin ton parc ! Plus d'une heure de métro ! Heureusement que le lac artificiel était sympa !

(message public d'explication) Pour ceux qui ne sont pas au courant de l'histoire, Clément dont le père travaille à Unicef (c'est ça ?) est venu à Séoul il y a 5 ans pour un festival des enfants (c'est ce que j'ai compris) et ils ont construits ce magnifique globe à cette occasion (voir photo ci-dessous) dans un parc à l'extrémité de Séoul. Les "enfants" de toute nationalité, pour marquer le coup, ont fait l'empreinte de leur main dans le béton au pied de la statue. C'est ainsi qu'à tout jamais Séoul saura que "Clément Larcher, France" est passé par là...


PS : (re à Clément) hey ! si je l'ai lu ton mail, j'attends un moment d'accalmie pour te répondre pleinement, entre les examens de mid-term et les voyages je suis un peu débordée...

mercredi 10 octobre 2007

PIFF, paf, pouf


PIFF est l’abréviation de « Pusan International Film Festival ». Ou la croisette en Asie, avec la plage et tout et tout. Bon j’avoue que je n’ai pas vu beaucoup de célébrités et pas l’ombre d’un tapis rouge mais c’est tout comme. J’ai entraperçu un groupe de groopies hurlantes alors je suppose que quelqu’un de connu devait se cacher derrière.
Le programme du week-end a donc été presque 100% cinéma (qu’est-ce que ça me manquait) même si en aparté on s’est baladé sur la plage ensoleillée, on a trouvé des vrais pains au chocolat – y’avait même de la fougasse !- et on a fait un saut au « raw fish center » : un grand hall plein de bassines contenant des espèces aquatiques en tout genre allant du poulpe tentaculé au gros ver indéterminé. On a opté pour des poissons à l’allure normale, parait que les poulpes étaient trop cher…too bad :-) Une fois le choix fait on monte à l’étage déguster feu les petits frétillants !
Côté cinoche j’ai commencé par un film en plein air, grand écran sur fond de gratte-ciels illuminés, j’ai vu pire comme salle de ciné ! Un film japonais – un peu niais d’après Vincent – disons une tranquille double histoire d’amour, poétique et transportant. Après une tentative avortée de m’incruster à la « Midnight Passion » (trois films en une nuit) et une soirée arrosée, le réveil sonne à 5h du mat. Rappelez-moi pourquoi je me suis proposée pour aller faire la queue pour les billets ? Surtout que mon compatriote de file d’attente n’a pas bien supporté le soju et bien vite disparaît purement et simplement je ne sais où. Heureusement je tombe sur Vincent qui revient du PC bang. Il a dormi là-bas pour suivre le match France-Nouvelle Zélande. Sauf qu’il ne pouvait pas voir l’image par Internet donc il s’est contenté d’updater le score toutes les 20 minutes en fermant les yeux dans l’intervalle…la loose. Bientôt on est rejoint par Steffen le teuton et Delphine blondinette pour animer nos longues heures d’attente. A 8h30 on voit enfin la couleur de nos tickets d’entrée au cinéma. C’est parti pour une journée toile. Notre premier choix n’était pas le plus judicieux. Un film islandais à 9h du mat alors que nous tentions encore d’émerger. Des paysages immobiles, des humains aigris, des têtes d’agneaux à manger, une enquête policière à vous glacer le sang. Vincent succombe. Delphine balise. Moi je grelotte dans mon siège. Pour nous réchauffer un peu quoi de mieux qu’un film coréen. Kim Ki-Duk a relevé le défi de nous sortir de la torpeur. Un film sur la rancune d’une femme à l’égard de son mari qui la trompe et qui décide d’illuminer les derniers jours d’un prisonnier suicidaire. Bon ok ça a pas l’air d’être LE film joyeux par excellence mais je vous promets que comparé à l’Islande c’était les tropiques ! Et quel fou rire quand elle se met à chanter le printemps en dansant, habillée de lunettes mouches dans une cellule de prison ! En sortant un peu de shopping parce que quand même c’était trop tentant. Pour information, un rabais en coréen se dit « caca » alors j’ai passé deux heures à demander des « caca » à tour de bras, assez risible. Mais ça marche ! Généralement les vendeuses étaient tellement surprises que je connaisse le mot qu’elle me faisait un prix juste pour la récompense. Une fois que mon porte-monnaie avait rendu l’âme on s'est retrouvé pour le dernier film : White Night…tiens ça me rappelle quelque chose. J’aurais pas envie de fermer l’œil moi des fois ? J’ai lutté mais ai tenu bon pour ce dernier opus cinématographique. Ce clou du week-end dépeignait l’élite danoise au travers d’un personnage travaillé par la mort de sa sœur qui fait un transfert sur une femme qui vient de perdre son mari…oui je sais encore des morts ! Un film froid en apparence mais plein d’humanité finalement avec même une petite morale à emporter. La tâche accompli je m’écroule de fatigue dans le bus et ne me réveille qu’à midi le lendemain dans mon lit à Séoul. PIFFiou !

Notre hôtel château de la belle au bois dormant

Le cinéma du futur

De l'art de faire la queue

Pusan city

Les feux de la rampe

lundi 8 octobre 2007

réflexion provinciale à l'occasion de ma deuxième sortie de la capitale

Séoul est vraiment différente du reste du pays. Pas comme Paris peut l’être de la province. Ce sont les attitudes et les paysages qui changent. Séoul est avant tout organisée, standardisée. Dans les restaurants on trouve les mêmes verres en métal, les mêmes baguettes, les mêmes menus. Tout le monde porte le même style de vêtement (malgré le fait que les coréens sont les fashion people de l’Asie). Pour monter dans le bus, prendre le métro ou attendre au bureau d’information les gens se rangent en file indienne docilement et gare à l’étranger non averti. Elle est l’image d’un pays qui a grandi trop vite et qui a du pour cela adopter des normes. Les gratte-ciels omniprésents poussent comme des champignons quand le besoin leur en prend. Pourtant subsistent des zones d’un ailleurs : des vendeurs de rue qui vous proposent toute sorte de nourriture, des marchés de bric-à-brac, des palais de l’ancien temps, des restaurants dans lesquels on s’assoit par terre. La province c’est tout cet ailleurs qui explose. Des batailles pour avoir les derniers tickets de bateau, des enfants qui mâchonnent du poulpe séché, une île sans gratte-ciel, des pêcheurs qui vous agressent – surtout quand ils ont trop bu. Et aucun moyen d’avoir une information fiable. La vie est au jour le jour, on ne peut pas vous prévoir ce qui se passera demain. Une Afrique coréenne comparée à la capitale étasunienne.

La province est habitée d’une présence grise. Comme si elle n’avait pas su se reconstruire proprement. La population a repris la vie erratique, ajoutant un bâtiment là où c’était utile. Mais dans le processus ils ont oublié l’homogénéité. C’est comme un peuple qui n’aurait pas retrouvé son identité. Séoul a, elle, choisi de changer de visage. Elle est loin de l’héritage confucéen de la Corée mais elle réussit à faire quelque chose de son tissu culturel si varié. La province est à l’abandon, régit soit par l’industrie vampirisante du coin soit par une tranquillité passive.

C’est du moins l’impression qu’on en a de l’extérieur. Je suppose que l’essence de la vie provinciale est plus difficile à saisir que celle d’une grande ville à l’occidentale au mode de vie usuel. Dans l’arrière pays il faut prendre son temps, se saisir des ambiances, planer dans la nature, s’amuser des comportements excentriques. Je crois que c’est là que réside la poésie provinciale. Ne cherchez pas des paysages époustouflants, de la culture à qui mieux mieux. Ici ce sont des montagnes sans prétention, des temples gorgés de la foule touristique, des ports industriels et au détour d’une ville champignon le sourire coréen qui simplifie l’existence.

C’est difficile dans un pays dont la valeur réside dans le capital humain de ne pas parler la langue. C’est comme passer à côté de la plus grande richesse de la région. J’en ai évidemment des aperçus, j’en saisis des clins d’œil mais qu’est-ce qui doit se cacher derrière alors ! En tout cas les coréens n’ont pas volé leur surnom de méditerranéens de l’Asie. J’en comprends un peu mieux la signification chaque jour.

lundi 1 octobre 2007

petit point technique

Certains se sont plaint de la complexité du site pour laisser un commentaire, comme quoi il fallait se re-loger à chaque fois. En fait il vous suffit de laisser votre adresse e-mail (ce qu'il appellent nom d'utilisateur) et mot de passe pour publier un commentaire une fois que vous vous êtes inscrit une fois ! Plus d'excuse pour ne pas laisser de commentaires maintenant !

chuseok (suite)

Après deux jours d’excursions au cœur du territoire coréen il était temps de prendre le large. Coup de téléphone du gérant de l’auberge, la météo est clémente, un ferry sera affrété le lendemain matin pour l’île d’Ulleng. Pour les non initiés c’est un morceau de terre quelque part sur la mer du Japon - que les coréens ont bien entendu renommé mer de l’est ! Le lendemain notre folle équipée est donc sur le pied de guerre, face à la passerelle d’embarquement 10 bonnes minutes avant le départ – ô miracle – sans ticket – fallait pas trop en demander. Trouver des places pour ce trajet aller n’est pas un soucis. Quant au fait de revenir de cette île de robinson on nous assure qu’il y a encore « plenty of available seats » mais qu’il faut acheter son billet retour sur l’île. Tu parles ! La traversée est magique (tant que le roulis est encore berçant). Abandonnant leurs sièges assignés, les familles coréennes déploient des couvertures, des papiers journaux ou des manteaux pour s’allonger ou s’asseoir en tailleur à même le sol. C’est vrai après tout pourquoi se forcer à rester dans un fauteuil moelleux ?! Quand le bateau s’arrête je ne suis pas mécontente de toucher la terre ferme. Trois heures de traversée à l’aveugle ça a de quoi vous chatouiller les tripes et notre esquive n’est pas comparable à ces énormes paquebots corses. Notre première rencontre fut sans doute la meilleure, c’est celle d’un guide à tout faire. Notre entremetteuse est une dame obstinée derrière son guichet de l’office du tourisme. Bien sûr elle ne parle pas anglais – quelle utilité quand on est en charge du tourisme après tout ?…c’est alors que le coup de baguette magique est donné à travers son combiné. C’est la fée de l’île au bout du fil : un coréen d’une quarantaine d’année qui prend soin de tous les étrangers. Il ne sait plus où donner de la tête mais nous consacre du temps pour nous trouver un hôtel, nous indiquer les meilleures ballades et nous laisser entre les mains d’une teneuse de restaurant. C’est que l’aventure ça creuse ! Mais dans l’intervalle on n’a toujours pas de billet de retour pour la terre ferme. On a bien essayé mais on a eu en réponse un baragouin coréen dont on ne sait trop que penser. On appelle fée clochette à la rescousse. Le mode d’emploi est assez simple : aller à la guitoune du tourisme, dame sourire décroche le combiné et en trois coups de baguette magique, fée clochette apparaît. Toujours d’un côté différent et jamais après plus de 10 secondes d’attente. Ce type est toujours une énigme à l’heure actuelle…La conclusion de l’affaire est qu’il ne reste plus de siège libre pour rentrer. En tout cas ni pour le lendemain ni pour le surlendemain. C’est pas que j’ai une dent contre les îles désertes mais il va falloir qu’on rentre à l’université un de ces quatre. En attendant on prend notre mal en patience, on longe la côte jusqu’au phare traversant vaillamment une forêt de bambou. Guillaume veut absolument manger du poulpe grillé. Il faut dire que c’est la spécialité de l’île. Vous visualisez ces fils à linge tendant en travers des rues dans le midi ? Eh bien sur Ulleungdo ils ont remplacé les vêtements par du poulpe. Heureusement je parviens à modérer les envies culinaires de Guillaume pour ce soir…ouf !
Deuxième jour sur l’île, toujours pas de billet de retour en vue. Tous les jours on doit aller vérifier à 8h du matin si un bateau miracle n’est pas affrété, on nous a dit que ça arrivait. Mais quand à savoir à quelle fréquence, pour quels motifs, ça on se garde bien de nous le dire. Après notre pèlerinage au terminal de ferry on s’attaque donc au pic de l’île qui était tout de même le but de notre périple. Un bus nous emmène au nord de l’île et nous profitons des falaises plongeant dans la mer. Un ersatz d’Etretat ! Le départ de la randonnée se fait dans un large cratère, le seul endroit plat d’Ulleungdo. Le panorama au sommet est finalement assez limité, j’ai même du mal à distinguer mes compatriotes avec le brouillard. 300 jours de brume par an pour le point culminant de cette île volcanique. On est dans la moyenne ! La soirée nous réserve bien des surprises ! Notre hôtel est en fait une chambre qu’on loue à une famille qui habite l’étage d’en dessous. Et on est mardi : le jour de Chuseok. L’appartement est donc vide, tout le monde est parti fêter Thanksgiving en famille. Le hic c’est qu’à 11h du soir on s’aperçoit que la porte de notre chambre ne s’ouvre plus. A ce moment là moi et Vincent sommes bloqués à l’intérieur, et Guillaume s’inquiète à l’extérieur…en pyjama. Premier réflexe : on cherche le numéro de téléphone du gérant. Personne ne répond. Guillaume se dévoue pour aller voir si le proprio n’est pas plus bas dans les étages. Il revient penaud de son excursion. Il se décide alors pour sortir dans la rue en quête de n’importe qui. N’importe qui et ce fut un pêcheur retraité (on est pas aux Champs-Élysées) vêtu d’un treillis militaire, il a visiblement trop bu. Je vous rappelle qu’à ce stade de l’histoire Guillaume est toujours en pyjama au beau milieu de la rue. Notre pêcheur ne tarde pas à devenir quelque peu belliqueux. Alors sir guillaume ne sachant plus que faire pour éviter la baston prend les jambes à son coup. Il fait le tour du pâté de maison le plus vite qu’il peut, rentre dans notre immeuble et s’enferme à double tour. J’attrape le fou rire, c’est irrésistible. En attendant le gérant m’a rappelé. Il ne parle pas bien l’anglais et n’a rien compris à mon problème mais il arrive. Sauf qu’il tombe sur une porte close puisque Guillaume l’affolé est passé par là. Une ouverture de porte plus tard le proprio constate les dégâts : le mécanisme de la poignée a bel et bien un problème. On a bien essayé quelques trucs : resserrer les vis avec un petit ciseau, faire le coup du cambrioleur et de la carte bleue, mais rien n’y a fait. Alors le gérant monte sur le toit et rentre dans notre donjon par la fenêtre, armé d’un tournevis. Ce n’est pas encore le moment de délivrer la princesse alors la tentative échoue. Il appelle son pote ingénieur qui rapplique 5 minutes plus tard. Que font tous ces gens disponibles un jour férié à 11h du soir ?! Manifestement la ruse n’est pas le passe-temps préféré de notre ingénieur. J’entends ce que je suppose être quelques jurons puis il entame la poignée à grand coup de je-ne-saurais-jamais-quoi-puisque-j’étais-du-mauvais-côté-de-la-porte. Je suis tout de même rassurée de voir cette porte s’ouvrir. Le proprio se confond en excuses. Je m’endors le sourire aux lèvres…Sacré Ulleungdo !
Troisième jour, toujours pas de bateau en vue. La vendeuse d’une des compagnies maritime commence à avoir pitié de moi à me voir revenir tous les jours lui demander un billet. Elle me propose de revenir 10 minutes avant le départ du bateau puis d’aviser. On commence à échafauder des plans. Vincent se dévoue pour fondre en larmes et prétendre qu’il a des examens à l’université jeudi pour qu’on puisse rentrer. Finalement la crise se résout comme s’il n’y en avait jamais eu. En arrivant au guichet de la deuxième compagnie la dame nous vend des tickets sans demander son reste. On accepte ce don du ciel. Pour fêter tout ça on part se promener à la cascade du centre de l’île. On fait un crochet par la deuxième cité de l’île. C’est là où la majorité des bateaux de pêche sont amarrés. Ils sont décorés de guirlande d’ampoules, habillés pour leur sorties nocturnes. Ca sent le poulpe séché à plein nez et on ne tarde pas à découvrir des champs de poulpe en cours de déshydratation. Mais bientôt il est l’heure d’entamer notre retour vers la capitale. Dommage, je m’étais attachée à cette île de pêcheurs, pleine de coréens bagarreurs, de galères sans noms mais tranquille en fin de compte. Nous avions réussi à échapper au poulpe séché jusque là mais sur le bateau une coréenne pensant bien faire nous en offre un…comment refuser ?! Guillaume se sacrifie pendant que Vincent et moi faisons de grands efforts pour ne pas pouffer. Bientôt il le mastique gaiement comme tous les gamins de l’île. Chapeau ! Ca ne l’aura pas empêché de s’en débarrassé à la première occasion…Nous atteignons enfin la terre ferme. La mission suivante est de trouver un bus pour Séoul le jour de l’année où le trafic est le plus noir. On n’a essuyé qu’un seul échec, on s’améliore. On aperçoit les premières lumières de la capitale vers 1h du matin. Je me sens revenir à la maison, c’est étrange. Comme dans tout jeu vidéo qui se respecte avec son lot d’énigmes, d’embuscades, d’astuces à trouver nous attendions avec réticence le « boss de la fin », le grand méchant imbattable. Mais de façon surprenante nous avons rejoint la résidence sans encombre. Au revoir et à bientôt pour de nouvelles aventures !