
PIFF est l’abréviation de « Pusan International Film Festival ». Ou la croisette en Asie, avec la plage et tout et tout. Bon j’avoue que je n’ai pas vu beaucoup de célébrités et pas l’ombre d’un tapis rouge mais c’est tout comme. J’ai entraperçu un groupe de groopies hurlantes alors je suppose que quelqu’un de connu devait se cacher derrière.
Le programme du week-end a donc été presque 100% cinéma (qu’est-ce que ça me manquait) même si en aparté on s’est baladé sur la plage ensoleillée, on a trouvé des vrais pains au chocolat – y’avait même de la fougasse !- et on a fait un saut au « raw fish center » : un grand hall plein de bassines contenant des espèces aquatiques en tout genre allant du poulpe tentaculé au gros ver indéterminé. On a opté pour des poissons à l’allure normale, parait que les poulpes étaient trop cher…too bad :-) Une fois le choix fait on monte à l’étage déguster feu les petits frétillants !
Côté cinoche j’ai commencé par un film en plein air, grand écran sur fond de gratte-ciels illuminés, j’ai vu pire comme salle de ciné ! Un film japonais – un peu niais d’après Vincent – disons une tranquille double histoire d’amour, poétique et transportant. Après une tentative avortée de m’incruster à la « Midnight Passion » (trois films en une nuit) et une soirée arrosée, le réveil sonne à 5h du mat. Rappelez-moi pourquoi je me suis proposée pour aller faire la queue pour les billets ? Surtout que mon compatriote de file d’attente n’a pas bien supporté le soju et bien vite disparaît purement et simplement je ne sais où. Heureusement je tombe sur Vincent qui revient du PC bang. Il a dormi là-bas pour suivre le match France-Nouvelle Zélande. Sauf qu’il ne pouvait pas voir l’image par Internet donc il s’est contenté d’updater le score toutes les 20 minutes en fermant les yeux dans l’intervalle…la loose. Bientôt on est rejoint par Steffen le teuton et Delphine blondinette pour animer nos longues heures d’attente. A 8h30 on voit enfin la couleur de nos tickets d’entrée au cinéma. C’est parti pour une journée toile. Notre premier choix n’était pas le plus judicieux. Un film islandais à 9h du mat alors que nous tentions encore d’émerger. Des paysages immobiles, des humains aigris, des têtes d’agneaux à manger, une enquête policière à vous glacer le sang. Vincent succombe. Delphine balise. Moi je grelotte dans mon siège. Pour nous réchauffer un peu quoi de mieux qu’un film coréen. Kim Ki-Duk a relevé le défi de nous sortir de la torpeur. Un film sur la rancune d’une femme à l’égard de son mari qui la trompe et qui décide d’illuminer les derniers jours d’un prisonnier suicidaire. Bon ok ça a pas l’air d’être LE film joyeux par excellence mais je vous promets que comparé à l’Islande c’était les tropiques ! Et quel fou rire quand elle se met à chanter le printemps en dansant, habillée de lunettes mouches dans une cellule de prison ! En sortant un peu de shopping parce que quand même c’était trop tentant. Pour information, un rabais en coréen se dit « caca » alors j’ai passé deux heures à demander des « caca » à tour de bras, assez risible. Mais ça marche ! Généralement les vendeuses étaient tellement surprises que je connaisse le mot qu’elle me faisait un prix juste pour la récompense. Une fois que mon porte-monnaie avait rendu l’âme on s'est retrouvé pour le dernier film : White Night…tiens ça me rappelle quelque chose. J’aurais pas envie de fermer l’œil moi des fois ? J’ai lutté mais ai tenu bon pour ce dernier opus cinématographique. Ce clou du week-end dépeignait l’élite danoise au travers d’un personnage travaillé par la mort de sa sœur qui fait un transfert sur une femme qui vient de perdre son mari…oui je sais encore des morts ! Un film froid en apparence mais plein d’humanité finalement avec même une petite morale à emporter. La tâche accompli je m’écroule de fatigue dans le bus et ne me réveille qu’à midi le lendemain dans mon lit à Séoul. PIFFiou !
Notre hôtel château de la belle au bois dormant

Le cinéma du futur

De l'art de faire la queue

Pusan city

Les feux de la rampe
6 commentaires:
Youaouh...je vois que tu as repris un bon rythme d'écriture ! de notre côté, on essaye de naviguer d'une urgence à l'autre. Mon pensum actuel : le dossier MDPH qui vaut son pesant de cacahouètes à remplir ! on a fait un bond géant en avant...
Ma question est : comment parviens-tu à comprendre l'histoire d'un film danois sous-titré en coréen ?
Merci pour ces superbes photos !
Avec un peu de retard, une petite info concernant Pusan ; après m'être régalée à la lecture de ton blog,je trouve dans le Monde de ce vendredi 22, une demi-page consacrée au même sujet - qui fait en particulier des commentaires sur plusieurs films ....mais c'est moins vivant que ta prose . Merci
La Mémé
pour le film danois sous-titré en coréen j'avoue que j'ai triché. Pour une fois le festival "international" portait bien son nom puisque tous les films ou presques étaient sous-titrés en anglais.
PS : mais qu'est-ce que le dossier MDPH ???
Maison Départementale des Personnes Handicappées (pour la prise en charge en CAT, à renouveler tous les 5 ans, et pour obtenir l'allocation adulte handicappé) donc Jessica et maman remplissent ça en coeur ! (ça laisse présager de bons moments, non ?? ;-))
Bon c'est bien beau tout ça mais quand est ce que tu visite le lac artificiel de Seoul ( sous entendus, quand est ce que tu fais coucou à ma main!!)
Et puis, je n'ai même pas eu de confirmation de lecture de mon mail, snif!
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