PP en Corée

PP en Corée

vendredi 28 septembre 2007

추석 (chuseok)

Chuseok ? C’est le thanksgiving coréen. C’est l’heure où tous les habitants du pays du matin calme rentrent chez eux, dans leurs familles, dans leurs villes natales. Les belles-filles font la cuisine pendant trois jours, les fils encaissent la tension de leurs femmes (dixit mon prof d’économie coréenne). Pour les étudiants étrangers comme moi ça veut simplement dire des vacances de 5 jours et une occasion d’aller sur les routes découvrir le pays plus en profondeur. C’est ainsi que vendredi soir dernier je me suis blottie dans un bus en partance pour le sud. Sieste sur la route pour me réveiller sous un péage déguisé en pagode. Une écriture lumineuse indique « Gyeonju ». On est arrivé. On c’est moi et deux autres français : Vincent et Guillaume. Ô joie, j’ai pu reposer ma langue et ma tête pendant ces quelques jours de répit. Il est minuit et nous poussons la porte de notre auberge de jeunesse. Le propriétaire est un papy coréen qui a roulé sa bosse à travers le monde. Il parle anglais et japonais, fabrique ses propres coussins en bambou et édite une carte touristique de la ville. Son hôtel est le repère de tous les étudiants étrangers comme nous ne tardons pas à le remarquer. Pour le moment j’essaie de m’accommoder de mon futon pendant que Guillaume opte pour un matelas posé sur des caissons de bière.
Gyeongju est une ville grise. C’est la capitale de l’ancien royaume Silla. Elle est réputée pour être l’endroit où l’on mange le moins bien en Corée. Manifestement elle n’est le résultat d’aucune volonté architecturale d’ensemble. Les gratte-ciels côtoient les maisons à toit de tôle. Le béton apparent est de circonstance. Notre quartier n’a pas l’air d’être le poumon commercial de la cité. La seule échoppe que nous rencontrons est un magasin d’extincteurs, au beau milieu de nulle part…étrange. Pour planter le décor la discothèque du coin se prénomme le « pipi » (véridique).
Notre objectif de la journée est le temple de Bulguksa, le plus célèbre de Corée. Du parking du bus on emprunte une allée bordée de guitounes hétéroclites. Les plus communes sont celles des mamies qui font revenir des larves couleur miel dans des poêles du siècle dernier. L’équivalent des vendeurs de marrons en France je suppose. Ma partie préférée du temple est un terrain recouvert de pyramides rocheuses. Tous les enfants sont affairés à empiler les pierres pour faire leur propre tour, la plus haute possible. Ils viennent ici pour faire un vœu. Je déambule dans ce labyrinthe bouddhique et butte sur un panneau « staff only ». Je m’arrête et contourne le bâtiment interdit. Je découvre alors sur le côté de la façade une antenne parabolique : pas si ascétique que ça la vie de moine ! Nous enfourchons des vélos tous terrains pour l’après-midi. Ce sont des collines verdoyantes qui nous ouvrent les bras. Pas le genre de collines naturelles. Plutôt des boursouflures vertes pomme. Elles sont dix peut-être plus au milieu de la plaine citadine et narguent la ville qui ne peut les manger. Ce sont en fait des tombes. Des villageois ont campés sur leurs flans pendant des décennies avant qu’une d’entre elle ne s’écroule et que ses entrailles laisse entrevoir un caveau (je n’ose pas imaginer le paysan qui s’est réveillé au côté d’un squelette). Nous atteignons bientôt le cœur de Gyeongju. Définitivement plus animé. Il y a là un grand marché. On se perd parmi les poulpes en guirlande, les anguilles écrasées par le nombre dans les aquariums, les têtes de cochons posées à même le sol. Dire que tous les restaurants de la ville s’approvisionnent ici ! Je souris à la vue d’une vieille femme qui a trouvé le repos (nous sommes sur du roc ;-) enfouie sous les vêtements colorés de son étal.
La détente du soir m’est offerte au détour d’un petit choc culturel : le spa. Sauna, massages, bain d’eau chaude ou froide, douche massante. La règle du jeu pour profiter de tout ça est une tenue d’Eve. Qu’à cela ne tienne ! Je dois dire que c’est déjà inconfortable en général de ne pas savoir comment les choses fonctionnent mais quand on demande des précisions en étant nue c’est un summum de vulnérabilité. J’étais bien sûr la seule étrangère dans ce paradis marin, finalement à l’aise au milieu des mamies coréennes bienveillantes.

samedi 15 septembre 2007

comme un poisson dans l'air

Eh oui c’est bien à un mariage coréen que j’ai assisté aujourd’hui ! Vous avez probablement remarqué, à la musique et au décorum, que ce n’était pas tellement différent des mariages occidentaux. C’est que vous avez manqué les cris de la mariée et du marié. Chacun doit proclamer trois fois « je t’aime » le plus fort qu’il peut. « Sarangè, sarangè, sarangè ». L’homme est évidemment plus convaincant quand il s’agit de démontrer l’assurance de son amour. Mais n’est-ce pas comme ça dans la vraie vie ?
Autre particularité : le salut devant les parents.

Comme j’étais venue avec le groupe d’étudiants de l’église du marié j’ai du poussé l’incruste jusqu’au point d’aller devant chanter avec eux une chanson que je ne connaissais pas. Je commence à me sentir comme un poisson dans l’eau quand il s’agit de faire des choses que je ne maîtrise pas, de suivre les gens dans des endroits que je ne connais pas et d’être une opportuniste de l’amitié. C’est ainsi que j’ai continué sur ma lancée, en profitant du buffet délirant. Plus d’une vingtaine de plats sans compter les entrées et les desserts. Ce que me disait Anna était vrai : en Corée les mariages sont cours et chers. Comprenne qui pourra. Enfin, je suis contente d’avoir croquer un autre bout de la culture coréenne. Le plus savoureux était la cérémonie privée selon le rituel coréen. Les heureux élus étaient drapés de leur costume d’époque sur fond de paravent chinois racontant la Bible en peinture. Devant eux une table où trône une pyramide de chocolat qu’ils se font manger successivement. Faudra que j’y pense pour mon mariage !



un film sans sous-titres

Hey ! Ca fait maintenant un moment que je n’ai pas pris la plume. Faut que je vous raconte la suite de mes tribulations. Le quotidien de mes aventures (mésaventures ;-) c’est l’université : entre cours de coréen, d’économie coréenne puis d’économie tout cours (mais où sont passées les sciences ? J’espère que j’aurais une réponse plausible à donner à mon directeur quand je reviendrais en France…j’y travaille). Les à-côtés ce sont des sorties resto-soju (the alcool coréen) avec les exchange student, des tête à tête avec Min Joo, une étude biblique le mercredi, des one-word-at-a-time avec ma coloc’ et de l’incruste à tour de bras.
Avec ce groupe d’étude biblique du mercredi je devais partir dans l’est ce week-end mais à cause d’une grosse pluie/tempête annoncée on a du annulé. A la place, dîner convivial chez la famille missionnaire qui anime les réunions. Je fais la gourmande comme toujours, c’est le seul endroit où je trouve des pâtes, du pain à l’ail, de la salade…et du gâteau qui ne soit pas du ricecake. La soirée se poursuit en jeu de carte géant.

J’ai à faire à des spécialistes. Vous pouvez constater sur la photo que ça a l’air assez complexe. Une sorte de il-faut-regarder-partout jeu de rapidité. Il me faudra quelques heures supplémentaires d’entraînement intensif pour avoir un bon niveau. Puis le temps s’étire. L’équipe gagnante nous offre les glaces. Et je savoure le sommeil imminent qui s’annonce. Les langues fatiguées de l’anglais délivrent des consonances qui bercent. C’est comme dans les films asiatiques quand vous arrêtez de regarder les sous-titres. Tous assis sur le plancher en bois. Les plus douillets ont des petits cousins. Et vous vous laissez aller à l’écoute de ces sonorités chantantes. Sous la lumière tamisée ça prend une tournure intime. La conversation est entrecoupée de petits rires discrets. Vous êtes spectateurs de ce théâtre coréen les jambes en lotus – si vous y arrivez. C’est ainsi que j’ai fini par les quitter pour 3h de pluie en attendant le bus qui n’est jamais venu…Jérôme – un philippin – et moi envisageons plusieurs possibilités pour passer la nuit : « PC bar » (l’univers nocturne des geeks, lieu d’élevage d’ordinateurs en batterie) ou sauna 24h/24 – y’en a vraiment qui le font ! Mais après 2 bus et un taxi c’est dans un lit traditionnel que je m’endors.

jeudi 13 septembre 2007

mettre des images sur des mots

J'ai trouvé sur le blog d'un autre séoulien en perdition cette vidéo. A la base c'est une pub pour une compétition de break dance. Mais quand je l'ai visionné je me suis dit "c'est exactement ça" ! Mesdames et Messieurs pour vous ce soir Séoul en image. Enjoy !

lundi 10 septembre 2007

ils sont fous ces coréens

Laissez-moi vous présenter quelques-unes des inventions coréennes les plus cocasses qu'il m'a été donné de rencontrer :

le sac plastique à parapluie

A l'entrée de tous les magasins vous trouverez par temps de pluie des distributeurs de sac à parapluie. Insérez votre parapluie mouillé dans la machine il ressortira enveloppé d'un plastique imperméable...pratique pour ne pas faire le petit pousset avec vos gouttes d'eau. Reste le problème du bas de pantalon mouillé. A quand l'enveloppeur d'humain ? La cellophaneuse d'homme ?

le livre d'or-papier peint



J'entre dans un café tout ce qu'il y a de plus classe. Rocking-chair, décor causi (quelqu'un pourrait me donner l'orthographe correcte de ce mot ?), couleurs chaudes et tutti quanti. Mais les murs sont couverts d'écriture. Les clients laissent leur prose en guise de papier peint. Un livre d'or original ! Ainsi vous savourez votre patbingsu au milieu des "angela aime kyo", des "c'était très bon" et autres "vive la France" (ça c'est nous ;-).




Le piano pneumatique

Après le trombone à coulisse, veuillez accueillir ce nouveau venu dans le monde des instruments à nom roccambolesque : le clavier pneumatique. Même système que ce piano à pédale d'il y a 50 ans qui trône sur la mezzanine de la maison du four à Courgé (antiquité/curiosité à découvrir pour ceux qui n'en ont pas encore eu l'occasion). C'est le nouveau né de l'union de la cornemuse et du synthé. Et ça s'emporte partout ! Galère garantie pour jouer trois notes ! Bref, un inclassable.

l'évaluation rocailleuse

Quelle ne fut pas ma surprise quand à la sortie de la cafétéria je rencontrai ces trois petits paniers remplis de cailloux transparents. Il y avait petit rouge, petit bleu et petit vert bien rangés selon leur couleur. Le principe est simple : les grincheux choisissent petit rouge, les extatiques petit bleu et les bien-portants optent pour le vert. Chacun évalue ainsi la qualité de ce qu'il vient de manger et ajoute sa sentence à l'amoncellement de cailloux déjà présents dans le panier "menu". Tout ce cirque servira au final à faire de belles statistiques (le graphe du mois précédent est épinglé sur un paneau adjacent). Quand les grincheux l'emporte le menu n'est pas reprogrammé. Plutôt ludique comme critique ?!

La moto-snowboard

Quand on attend tranquillement à l'arrêt de bus de l'université, il faut s'attendre à avoir des surprises. C'est ainsi que j'ai fait connaissance avec cet engin mi moto mi snow. Les deux pieds dans les roues, la manette à la main, ça se manie comme un snowboard et fait un bruit d'enfer. Je suis restée 5 minutes la bouche ouverte en voyant passer cet énergumène du futur. Apparemment j'étais la seule...La Corée n'a pas fini de me surprendre !

dimanche 9 septembre 2007

Festimystère

(...suite) Pour la soirée Min-Joo (ma buddy) m’a invité à un mini festival auquel elle participe. Jusque là je n’ai pas vraiment réussi à déterminer de quoi il sera question mais tentons l’aventure. Le plus gros de l’aventure a été de trouver le bon bus pour m’y rendre…en chemin un coréen m’interpelle et me demande en anglais : veux-tu que je te révèle la vérité de l’univers ? Je crois que j’ai une tête d’athée aujourd’hui. C’est un taoïste avec qui je parle avec plaisir. A vrai dire ça m’amuse d’échanger dans un anglais approximatif des propos philosophiques. Il m’entretient de paradigme, d’animisme, de connaissance qui mène à la véritable liberté dans une langue qu’il ne maîtrise pas beaucoup. Je m’amuse de ces techniques d’approche, je connais des chrétiens qui utilisent les mêmes (genre « que fais-tu comme études ?»). Bref, finalement il me conduit devant l’arrêt de bus. Le festival en question est en fait une fête de village en plein Séoul. Une source coupe la grande route en deux et dans un bras de la rivière a été construit un terrain de basket. C’est là que se déroulent les festivités. On est venu en famille avec de grandes couvertures. Petits et grands sont assis en tailleur pour regarder le spectacle. Je me crois à la fête de l’école du dimanche. Tout le monde met son grain de sel. Les petits chantent en tenant des posters et les moyens font la danse des papillons. Une danseuse traditionnelle vient ensuite nous charmer puis suit une pièce mimée sur l’indépendance de la Corée…comme j’aime les mimes en langue étrangère ! Le tout est conclut par un film projeté sur écran géant. Et je me retrouve dans ce cinéma en plein air au milieu des familles bruyantes qui sortent leur pop-corn coréen (gimpab : rouleau de riz fourré aux légumes) pour regarder ce film sous-titré…ouais !...en coréen…ah. Je crois que j’ai compris l’intérêt qu’avait Jessica à regarder la télé pendant des heures. On saisit quelques subtilités, la trame principale. De toute façon c’était une histoire de gros montre qui menace la ville donc les dialogues n’avaient pas l’air très philosophiques. Grumpf, miam et glups sont des mots universels ! En tout cas j’étais assez fière de moi puisqu’à la fin de la séance mon record de lecture de sous-titre était de trois mots…bientôt « fluent in korean » ! La fin était célébrée par des cierges magiques (c’est vrai après tout pourquoi ne se faire plaisir qu’à Noël, je voudrais avoir des cierges magiques plus souvent !). Bref, je n’avais toujours rien compris au pourquoi de ce mini-festival et d’où venaient tous ces gens. Heureusement que je suis finalement tombée sur Min-Joo qui a comblé mes lacunes. J’avais participé à une bonne cause sans m’en apercevoir : c’était son association écolo qui avait organisé cette petite fête. Chacun y avait mis la main à la pâte. La source qui passait à côté de nous allait prochainement être polluée à cause de la construction d’une autoroute. Ragaillardie par cette action planéto-bénéfique j’ai fermé les yeux sur ce monde dont les tenants et les aboutissants m’échappaient encore trop souvent. Je comprendrais un jour…

Promenons-nous dans les bois

Je me réveille. Grand ciel bleu déchiré de nuages blancs. C’est décidé je vais m’aventurer dans les montagnes de l’université. J’ai déjà repéré un chemin qui part de derrière le college of engineering. Je m'y rends. Au bout d’une dizaine de minutes un petit village bouddhiste.


Des maisons en bois à portes coulissantes, des toits style pagode, des petites mémés qui potinnent ( = racontent des potins). En haut d’une volée de marche une grande statue gravée dans la roche et au pied un autel illuminé de bougies. Des effluves d’encens m’accompagnent pendant que je cherche ma route. Malheureusement « je n’ai pas trouvé la voie ». On ne m’a pas tranché la tête mais en échange j’ai eu droit à la forêt de Fontainebleau version pente à 45%. Escalade de gros rochers, grande perplexité au milieu des épineux puis finalement j’entends des voix. Je les suis à l’ouïe et retombe sur le sentier homologué. Ouf ! J’étais fier d’avoir repéré ce petit chemin inconnu. Je m’imaginais déjà seule au milieu de la nature, dominant la ville sur ma montagne sauvage. Au lieu de ça je me retrouve au milieu des randonneurs du week-end ; coréens à la pelle équipés de gadgets derniers cris. Pour respecter l’esprit randonnée universel ils me lancent des boutades en passant, je ne comprends rien, c’est frustrant. Une dame me donne même un extrait de la Bible…en coréen. Jusqu’ici j’ai simplement réussi à déterminer qu’il y avait un passage de Timothée. En haut de ma montagne « sauvage », un drapeau coréen où s’agglutinent les marcheurs essoufflés. Ils ont le souffle coupé par la grande Séoul et sa rivière Han. Moi aussi.

Je me recueille au pied d’un pin parasol miniature. Je médite Burki dans le vent. Je redescends finalement de manière plus conventionnel. (suite en haut)


jeudi 6 septembre 2007

la promenade du dimanche


Quelques photos de mon excursion du week-end dernier


...ou du moins son extérieur puisque l'estomac d'un de mes condisciples a crié famine et que lorsqu'il était rassasié le palais affichait porte close...Le quartier nous ouvrait les bras, on l'a embrassé. Et au détour des rues un petit cours d'eau, à peine une rivière au milieu des gratte-ciels.




Non loin de là un marché de bric à brac qui nous a occupé jusqu'à la nuit avec ses vieux instruments de musique, ses klaxons vintage, ses brosses à langue et autres babioles. Sous les tentures des échopes des joueurs de carte naissent avec la tombée du jour. Leur passion est un jeu truffé de hasard pour lequel il n'hésitent pas à parier leur argent...ils sont fous ses coréens ! Le marché est encaissé dans un vieux stade. Lorsqu'on veut échapper aux odeurs de cuisine, on dépasse les multiples étals de tournevis, de dvd piratés, de paravents chinois et de vendeurs bougons pour atterir dans l'arène et se croire roi du foot. Si on poursuit à l'extérieur c'est Seoul qui s'endort qu'on voit s'illuminer.


mardi 4 septembre 2007

pi(l) sourd

à ma grande grande soeur.

énigme culinaire

pour vous familiariser avec les arts de la table coréens (version cantine du moins). Montez le son et ouvrez vos mirettes.

PS : cherchez le mini lapsus ( indice : en rapport avec mes blessures à répétition )

samedi 1 septembre 2007

après 2 jours

Mais commencons au commencement : le départ de CDG.
J’ai commencé par exploser les balances de la Lufthansa : 22 kilos passés avec le sourire et un espèce de sac de Mary Poppins de 15 kilos en guise de « bagage à main ». Une valise devant, un ordi derrière je me suis élancée vers la Corée. Première rencontre : un gars pas très net, un peu éméché qui tenait absolument à me soulager de mon fardeau. Un Coréen de retour au pays auquel je n’ai pas pu résister me voyant ployer sous le poids des indispensables qui fleurissaient dans ce bagage. Après avoir glané sa carte de visite (ce sera vraiment mon dernier recours si je suis au fond des emmerdes) j’ai été soulagé de rencontrer une petite bouille coréenne de l’université : ma buddy. Une sorte de super idée sortie du cerveau des directeurs d’université asiatique : attitrer aux étrangers en échange un étudiant local full-time job ou presque. Ainsi j’ai arpenté les rues de Séoul dans les pas d’une connaisseuse. Et en deux coups de cuillère à pot j’avais fait le tour des galères : banque, supermarché, métro, chambre, internet et surtout : acheter un oreiller…vous me connaissez. Bref, une véritable ange gardienne. Avec toutes ces émotions j’étais au pieu à 7h du soir et c’était partie pour ma spécialité : le tour du cadran.
Réveillée par le cri strident du portable de ma coloc’ j’étais sur pied de bonne heure…c’était un bon premier contact. Mais quand j’ai voulu tchacher un peu, elle m’a regardé avec des yeux ronds…manifestement son anglais est assez limité. Mais pas de soucis je vais travailler mon coréen d’arrache pied pour pouvoir lui demander de baisser le son de son réveil. Cette première surprise passée je me suis lancée à l’assaut de Séoul. Quoi de plus facile, j’avais vu faire la veille. Pof, pof je monte dans le bus n°02, pas de soucis. Tout d’un coup je me demande à quel arrêt est la station de métro. Pas de soucis je regarde le plan de ligne…damned c’est en coréen. Plus qu’à prier pour que les statistiques fassent leur travail : là où la majorité des gens descendent, je descends. Pari réussi. Ensuite ? Série de gesticulations pour commander un sandwich et un café, sourires en coin et petits hochements de tête. Ca passe. De retour en terre universitaire j’assiste à une réunion à la gloire de SNU (Seoul National University). Statistiques glorieuses, tour du campus sur-équipé, magique quoi ! Dans la mêlée j’ai fait la connaissance d’autres « exchange student » dont une poignée de français. C’est bon j’avais trouvé des compagnons de galère. On est donc allé se frotter à Séoul city. Dans le lot une française d’origine coréenne qui nous conseille tous les bons plats à manger comme le patbingsu (et non « pumpkin soup » comme je l’avais compris au début) : glace pilée recouverte de fruits frais avec une sauce aux haricots rouges et des petits pâtés de riz sucrés. Un délice !
Je m’abandonnais au sommeil repue et la tête remplie d’enseignes lumineuses à la signification encore mystérieuse…ça viendra.