jeudi 8 novembre 2007
DMZ, zone de détente mielleuse ?
Vous n’en croiriez pas vos yeux, la fameuse DMZ, la zone démilitarisée, frontière historique d’avec la Corée du Nord est devenue une réserve naturelle. Une cinquantaine d’année sans exploitation humaine a suffit à la nature pour reprendre ses droits. Et au milieu des oiseaux, de la végétation luxuriante vous pouvez même voir des bus bleus arpenter ce parc. Des foules de touristes accompagnés par des GIs qui se la jouent humoristes. Bon bien sûr il y a quelques règles : pas de mini jupe (ça risquerait de perturber tous ces soldats), pas de photos, pas de doigt pointé. Mais en dehors de ça on peut mettre le pied en Corée du Nord, et y discuter bruyamment en observant les soldats immobiles. Et à deux pas de là il y a un petit village où les fermiers sont devenus richissimes grâce à l’absence de taxation dans la zone. Ils bénéficient du sol le moins pollué de la Corée, sans doute le plus rentable. Pourquoi pas aller s’installer là-bas finalement ? Je ne sais pas si c’est le couvre feu à la tombée de la nuit, les soldats qui garderaient mon champ 24h/24 ou l’interdiction de me marier en dehors de ce patelin qui m’a retenue…Le pire je crois serait de voir mes homologues masculins partir chercher l’âme sœur ailleurs. Parce que, oui, dans ce petit village si mesdames ne sont pas autorisées à aller voir ailleurs, messieurs sont libres de parcourir le monde pour trouver chaussure à leur pied. Passons sur l’injustice…Pour compléter ce tableau de village gaulois installé dans un paradis verdoyant, tous les visiteurs ont droit à la projection d’un film : petite fille la larme à l’œil, musique dramatique et finalement un papillon par-dessus les barbelés qui traverse la frontière. C’est beau ! Le tout sur fond de « la réunification est imminente, la DMZ est le symbole de la paix retrouvée ». Et pour mettre en lumière la nouvelle coopération entre les deux nations on vous montre le nouveau complexe industriel installé tout prêt du « pont de non retour ». Vous savez, là où les coréens ont eu le choix à la fin de la guerre de passer au Sud ou au Nord. Un aller sans retour. Alors voilà, au milieu de ces soldats qui se tournent les pouces 23h/24, observant aux jumelles les montagnes du Nord j’étais à deux doigts de me demander si toute la tension entre le Nord et le Sud s’était finalement apaisée, si la réunification n’était pas pour la semaine prochaine et que personne ne m’avait pas prévenu. Heureusement dans mon groupe un coréen en cours de francophonisation m’a ramené à la réalité. C’est vrai à y regarder de plus près il y avait des barbelés, des pancartes annonçant des champs de mines et un soldat Nord coréen qui m’observait du bout de ses jumelles derrière cette vitre en verre fumé. Mais c’est alors qu’il m’a dit que pendant qu’on gambadait gaiement sur la ligne marquant la frontière des dizaines de soldats étaient planqués dans les buissons ; au cas où un incident surviendrait. Et quant à la réunification, tu peux te brosser Martine, c’est loin d’être à l’ordre du jour. La première chose qu’on apprend au service militaire est une liste des arguments qui justifient cette affirmation : l’ennemi numéro 1 est la Corée du Nord. Prière d’apprendre par cœur. Et en faisant un peu plus attention on peut remarquer que la végétation luxuriante s’arrête nette là où la Corée du Nord commence. La forêt laisse la place à un espace dévasté : plus un seul arbre. Ils ont tous été abattus pour des besoins énergétiques. Et la version nordiste de notre village misogyne de tout à l’heure est vide depuis 2004. Seul subsiste un drapeau lourd de plusieurs centaines de kilos. Faut impressionner l’adversaire ! Bien sûr le poteau qui le soutient est plus haut, de quelques 50m que celui qui lui fait face côté Sud. Autant d’indices qui vous font finalement vous sentir un peu mal à l’aise dans cette zone faussement tranquille, entre propagande et violence non dite, entre soldats qui s’insultent en play-back - interdiction de parler oblige. Et les tunnels qui jalonnent la frontière, autant de tentatives d’infiltration nord-coréenne vous font froid dans le dos, sans compter les cas de kamikazes, de soldats nord-coréens impulsifs et menaçants. Finalement on se dit que les soldats sud-coréens ont raison de se cacher à moitié derrière leurs baraquements, histoire de préserver la moitié de leur corps en cas d’attaque surprise. Mais quand même, quand on voit ces pantins immobiles durant des heures entières, scrutant un je ne sais quoi invisible, on se demande pourquoi des gens choisissent de s’enrôler dans l’armée. Chapeau les mecs !
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1 commentaire:
Mince, j'aurais sus que tu y allai je t'aurais demandé de regarder les blocs de bétons qui soutiennent les rails... tu aurais vu des messages de paix dans les langues du monde entier dont 5 messages en français (au moins, ya pas qu'en france qu'on écrit en français y parait) dont un (avec tres certainement des fautes d'orthographes) de moi!!
Mais bon, si j'y ai laisser des trace de mon passage, je pense que toi ton voyage va bien plus te marquer que moi, ça n'a rien de comparable. Chanseuse =)
biz =)
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