Pour vous montrer un peu une semaine type voilà ma courbe de taquet. Pour les non initiés le taquet c’est le dynamisme, la bonne humeur, l’efficacité, la motivation, etc. Le summum du positivisme.

Mode d’emploi : chaque étoile rouge correspond à un évènement marquant. En suivant le récit qui suit vous saurez à quoi elles correspondent. Suivez la courbe en lisant.
Tout a commencé mercredi : examen de macroéconomie (
) après une très courte nuit. A vrai dire je n’en ai pas beaucoup de souvenir. Je suis partie me recoucher tout de suite après. Quant à la fin de l’après-midi j’en ai un souvenir brumeux de réveil d’une longue sieste. L’apothéose de la journée était sans aucun doute le dîner organisé par le ‘college of engineering’ (
). Les profs, employés, étudiants en échange de la fac d’ingénierie et quelques ambassadeurs étaient réunis pour la soirée. Buffet grandiose et animations diverses et variées au programme. Je dois dire que la soirée était assez mythique. C’est un coréen à l’anglais incertain qui animait le dîner. Chaque table constituait une équipe. Ca commençait soft : il fallait répondre à un quiz. Chaque équipe écrivait la réponse sur un tableau veleda qu’il brandissait ensuite. Résultat les équipes copiaient les unes sur les autres, normal ! Seulement il y avait toujours une table trop honnête ou trop effrontée qui marquait une réponse différente. C’est alors que le présentateur leur lançait un « why did you write this answer, look at the others, don’t you feel the atmosphere ? ». Mythique j’vous avais dit. Mais c’était sans compter sur la suite. On a enchaîné par un karaoké géant (les coréens servent le karaoké à toutes les sauces, c’est un de leur truc préféré). Du coup un représentant d’Arabie Saoudite, la cinquantaine, s’est mis à faire un véritable show dansant, chantant à plein poumon pour défendre sa table. Puis sommet du « qu’est-ce que je fous là » on a fait le petit train sur base d’un jeu « pierre – feuille – ciseaux ». Alors on se baladait dans la salle à la queue leu leu. Evidemment les ambassadeurs étaient toujours là…C’est là que le bas blesse. Bon je vous épargne les remarques quasi racistes du présentateur genre « je vous ai vous sur CNN » lancé à un pakistanais barbu ayant un léger air de Ben Laden. On a frisé la crise politique quand il a rembarré un autre pakistanais qui se lançait dans un appel à l’aide concernant l’état d’urgence dans son pays. Puis la classique tombola réconciliatrice. Sur fond de « everybody is happy » scandé par le présentateur qui avait choisi de s’enterrer définitivement. J’ai fait mes comptes en sortant de cette soirée : un T-shirt gagné, un bon de 10,000 KRW pour aller au cinéma, et d’énormes fou rires. Pas mal ! En rentrant je faisais un détour par chez Guillaume, mon maître de Go. J'ai droit à des leçons hebdomadaires. Mais comme j'étais définitivement claquée et que je voyais que j'allais encore perdre, on a interrompu la partie et je suis allée me coucher plus tôt.Jeudi était la journée du non lieu. Je me prépare à aller en cours. Je suis en retard comme tous les jeudis. Je croise Maxime dans le bus. On va se faire un café – gaufre pour accroître un peu notre retard. C’est indispensable pour bien commencer la journée. J’arrive en cours mais le prof n’y est pas. Cours annulé (
). Soit, on va glander. Discussion, déjeuner, café. Puis je me dirige vers le Fanco café, là où j’ai normalement rendez-vous avec mon élève – je lui enseigne le français. Mais il ne vient pas. Je lui demande par texto s’il va venir. J’obtiens pour seul réponse : « f r o i d ». Au jour d’aujourd’hui je n’ai toujours pas réussi à comprendre. J’en suis encore perplexe. Bref, je lézarde au soleil en lisant la suite de mon roman du moment : les aventures d’un journaliste du NY Times qui a parcouru la Corée à pied du Sud au Nord (le Nord du Sud bien sûr). Je rentre, je repars. A 5h : group meeting (
). C’est un véritable phénomène sociologique en Corée. C’est la croix et la bannière pour apporter un peu d’efficacité dans ces réunions. Pour vous donner un exemple, la semaine dernière on devait présenter la première partie d’une fausse négociation d’accord de libre échange entre l’Inde et la Corée. On était 5 en tout. Un a réussi à partir à Hong Kong, un autre à avoir un empêchement de dernière minute, une troisième à avoir une rage de dent l’empêchant de parler, et le dernier à ne s’être jamais pointé aux réunions avant le jour J…me laissant seule pour improviser une présentation d’un quart d’heure. Ce jeudi devait être consacré à la préparation de la deuxième partie de la négociation. Je m’étais promis de ne pas réitérer la douloureuse expérience du ‘seul contre tous’. Le tout est de prendre son mal en patience. Au lieu d’essayer de les bouger je les ai laissé se dépatouiller tous seuls. Ils ont simplement une manière différente de fonctionner : c’est important que tout le monde s’exprime, qu’un consensus commun soit trouvé. Du coup ça prend des heures. Heureusement que le canadien de retour d’Hong Kong nous a accéléré tout ça. Puis le soir je suis allée me réconforter avec les frenchies. On avait décidé de faire une cure de mal du pays. Au programme : steak saignant (
). Mmmmmmmmmmmmmmmmmmmhhhhhhhhhhhhhhhhh ! Je m’en lèche encore les babines. On est allé dans un resto australien pour ça. Du coup on a même eu droit à la déco à base de boomerang, de peau de croco, de requin blanc gueule béante, de kangourous égarés et de quelques koalas en images. Vendredi ravioli…si seulement ! Nan, vendredi grasse matinée. Puis ultime group meeting à 1h. Je serre les fesses à 2h30 : c’est l’heure de la présentation finale (
). Et je me suis fait refiler le rôle du président de séance pour la fausse négociation. J’ai la veste de tailleur et tout le tralala. Ca va mieux quand c’est terminé. Alors que je prépare à écouter les autres groupes (= à sombrer dans un sommeil profond) Vasek me demande si j’ai des photos du Pérou. Alors je passe les deux heures restantes à parler du Burkina et du pays des Incas (
). Je rêve de chaleur, de soleil. Malheureusement je dois remettre mon écharpe et mon manteau avant de sortir. Je finis la journée en apothéose avec une halte dans une boîte de jazz (
). Au milieu du quartier des expatriés. C’est très bizarre de voir des coréens débridés jouer du jazz entourés de ricains fumant d’ostensibles cigares. On rentre sur le coup d’1h du mat. Plus de bus. Merde. Je rentre à pied dans le froid. En arrivant Jonathan m’attend sur skype (
). Malgré la fatigue j’arrive à aligner deux mots. Et de deux mots en deux mots il est bientôt 6h30 du matin. Oui je sais, ça craint. J’écoute un peu de musique puis m’endors vers 7h.Samedi…est raccourci. Lever pénible à 16h. A 19h j’ai rendez-vous avec une coréenne du club de cuisine pour une étude biblique décapante (
). Ils ne sont que 3 dans le groupe mais n’ont pas la langue dans leur poche. Je savoure ces chrétiens originaux qui voudraient remplacer les corbeaux par des pélicans (longue histoire…). Puis on va dîner. Au menu du ‘odeng’ : des pâtés de poissons que vendent tous les stand de rue. On s’arrête au milieu d’un marché traditionnel dans le meilleur spot du coin : le poisson est rapatrié de Pusan tous les matins, qualité garantie. C’est effectivement bien bon. Je prouve à mes compatriotes que je peux parler 2 mots de coréen puis c’est l’heure de rentrer. Dimanche grosse flemme. J’abandonne mon idée d’aller à la messe en anglais de l’église catho de Myeongdong (quartier de Séoul). Je reste dormir. Le reste de la journée est consacré aux retraites (
). Eh oui, même à l’étranger les problèmes français me rattrapent. C’est le thème de l’exposé que j’ai à préparer pour le cours d’économie coréenne. Etude du cas de la Corée puis comparaison avec la France. Je m’endors à moitié sur les régimes spéciaux puis rejoins Angela vers 8h pour un « crazy burger ». C’est une chaîne de restaurant qui ont des hamburgers faits main et des frites avec des vraies pommes de terre (
). Parce que je tiens à signaler que je suis définitivement allergique à la bouffe coréenne. Marre du kimchi, ras le bol des soupes fadasses ! Vers 11h, de retour au bercail, group meeting sur msn. On n’arrête pas le progrès ! Au moins c’est vite emballé et pesé. Lundi je m’extirpe du lit à 9h pour un cours qui commence…à 9h (
). Dur, dur. J’arrive alors que le prof a à peine entamé le vif du sujet. Ca c’est le cours de macroéconomie. Il lui faut toujours un quart d’heure pour résumer ce qu’on a fait la dernière fois. A la sortie du cours je vais me recoucher parce qu’il faut pas abuser. Réveil en sursaut à 1h pour un cours qui commence à…1h (
). Argh, c’est pas ma journée. Puis la spirale de la loose continue. Je réalise soudainement que je ne fais plus rien de mon temps, que je n’ai plus envie de sortir, qu’il fait froid. Bref, la déprime pointe son nez. Je m'enfuis au cinéma pour un film Irlandais. Mauvais choix je ne comprends qu'un mot sur deux avec leur accent du feu de Dieu. Mais heureusement la majeure partie du film se déroule en musique puisque le personnage principal est chanteur de rue. Encore une ode à l'amour manqué. Je resombre. Je pleure. Je rentre. Coût de fil hebdomadaire avec ma sœur Amandine sur les coups de 19h (
). Elle aussi déprime, c’est pas la joie. En raccrochant je tente le coup du côté de Jonathan qui est redevenu joyeux depuis quelque temps. Mouaif. Je m’endors avec mon mal de vivre. Il neige. Alors aujourd’hui j’ai décidé de me réveiller du bon pied. Et quand j’aperçois Vasek tout va mieux. Faut dire qu’un sourire d’ogre (
) ça a de quoi vous redonner la joie de vivre. Alors voilà, je recommence à positiver, j’essaie en tout cas. Il ne me reste plus qu’un mois en Corée alors faut que je profite.
4 commentaires:
Youhou!
Je crois avoir dit en effet qu'on avait que les résumés de tes voyages et pas souvent le reste, au détour d'une conversation samedi dernier... comme quoi soit tu as une ouïe super fine, soit j'étais pas le seul à le penser. Mais en même temps, ça valait le coup, puisque t'arrives à rendre ta semaine aussi vivante que tes voyages! Continue, c'est super.
Bon alors: quand est ce que tu nous fais profiter de ces pensées dissidentes sur les corbeaux et les pélicans!
Après la drogue du travail et de l'activisme, l'ivresse des horizons sans limites ; le choc est dur !
Gageons qu'au retour le bilan de ces dernières années sera positif !
sociologie d'une PP!!
xx
que ce soit tes folles équipées ou tes journées, c'est toujours un plaisir de te lire miss !
continue ! ;-)
bizzzzz
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